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 Et si je te tends la main ?

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MessageSujet: Et si je te tends la main ?   Dim 12 Fév - 20:00

HS : Super le nouveau designnn <3 wahou !!! Bon, je fais le sujet ici parce qu'il n'y en avait pas encore. J'espère que ça t'ira ^^ si tu n'aimes pas, tu pourras toujours le déplacer ailleurs. Allez gogogo !!!!

Le vent soufflait.
Et dire que la température était censée être tout à fait supportable. Pourtant une tempête finirait certainement par tomber. Il avait fait chaud, lourd et à présent le vent était glacial, la température avait considérablement chuté. Les nuages bas plongeaient cette fichue terre morte et désertique dans des ersatz de ténèbres, fausses puisqu'on voyait, oppressantes parce que le danger se ressentait parfaitement.
Voyager seul près des Mégalopoles n'était jamais considéré comme prudent, sauf lorsqu'on avait un don permettant un camouflage rapide et totale. Parce que dans ces coins là... des groupes de personnes, d'humains, de Sins abusant de leurs pouvoirs pour faire le mal et arriver à leurs fins, des ashtarus en quête de vengeance et de sang... erraient.
Ils étaient bien pires que les animaux sur bien des aspects.
Quoique... certains animaux étaient extrêmement dangereux. Le monde avait changé. Il ne ressemblait plus à tout ce qui avait été connu à l'époque de la modernité.
Des vestiges persistaient, ruines muettes et pourtant si expressives de la douleur de la planète.
Les mutations s'étaient multipliées... créant des animaux adaptés au milieu, certains qu'on auraient pu croire tout droit sortis d'un livre d'histoire ou de paléontologie, des fossiles vivants. Mais les plus incroyables sans doute étaient celles qui affectaient certains humains, les dotant de "pouvoirs" ou du moins de capacités hors normes qui ne s'expliquaient toujours pas... totalement pour ne pas dire du tout.

Ronan soupira et rabattit la capuche de sa cape en arrière. Inutile avec le vent présent d'imaginer qu'elle tiendrait plus longtemps, autant s'épargner l'illusion de la maintenir en place.
Oui, le jeune homme voyageait seul. On l'avait envoyé en reconnaissance. Non, en fait, on avait demandé un volontaire... et il s'était proposé. Cela n'avait pas semblé plaire à Naomi, ni à la demi-douzaine de jeunes filles du même âge que l'adolescente qui le suivaient des yeux quoiqu'il fasse... Le seul hic ? Lui-même n'en avait pas conscience, cela allait bien au-delà du seuil du tolérable selon certains camarades jaloux.
Bref, il était donc parti seul, nullement inquiet parce qu'il savait qu'en cas de problème réel, il pouvait compter sur son pouvoir, même s'il se méfiait beaucoup de celui-ci. Bof, peu importait... Si ça tournait mal, il ne compterait pas sur son pouvoir, parce que lui même était un Sin évidemment --', mais sur ses capacités, qu'il avait travaillé... sur sa force et sa maîtrise du sabre.
Il ne savait juste pas encore qu'effectivement elles seraient sollicitées mais pas pour lui.

Le jeune homme se passa une main dans les cheveux dans l'espoir vain d'arranger un peu le désordre qui régnait dans ses mèches blondes aux longueurs inégales. Son regard onyx se posait autour de lui avec intelligence bien qu'une légère méfiance, mais à vrai dire, il était plutôt pensif à cet instant.
Comme le vent continuait d'augmenter en intensité, il se résigna à trouver refuge dans la Mégalopole proche, Epsilon à ce qu'il pensait. De toute façon, il ne devait pas aller très loin encore, il y ferait juste une halte avant de se relancer dans sa mission.
Secouant ses cheveux dès qu'il fut à l'abri, pour en chasser les grains de sable qui avaient cru bon de s'y loger, il ôta sa cape et s'étira, restant simplement vêtu de son pantalon et de son débardeur sombre... se débarrassant finalement de ce dernier, il dégaina son sabre pour faire quelques mouvements et tester une fois de plus sa fluidité qu'il persistait à perfectionner lorsqu'il se figea dans une position pour le moins inconfortable.

Ses sens étaient plus développés que la moyenne et il avait perçu du bruit. Oh ce n'était pas proche de lui bien sûr mais son instinct, très présent, lui hurlait que quelque chose n'allait pas, qu'il ferait bien d'être aux aguets. Prudent, il escalada sans mal les reste d'un ancien muséum sans doute et put dominer une scène, fronçant les sourcils aussitôt. Il lui avait bien semblé entendre des voix d'hommes, des rires gras... Ceux là n'avaient pas l'air d'être des enfants de choeur et même s'il savait qu'il pourrait fuir, le jeune homme préférait éviter la confrontation. Sauf que la donne changea radicalement la seconde suivante. Ceux-là devaient être des Ashtarus...ils étaient trop armés pour être simplement des Sins... Mais ce n'était pas ça qui avait attiré son attention, pas du tout même. Mais plutôt la jeune fille ligotés qu'ils venaient de sortir d'une espèce de charriot. Bâillonnée, les yeux bandés, portant des traces de coups qui firent se crisper tous les muscles du garçon, elle était leur prisonnière. Qui que soient ces hommes, ils ne l'avaient pas tués tout de suite, sans doute parce qu'elle était une Sin dont ils pouvaient obtenir des informations ! Depuis quand la transportaient-ils ainsi ?!!!!
En tous les cas, peu importait le combien de temps à cet instant. Parce que l'un d'eux la regardaient avec beaucoup trop d'insistance. Le sang de Ronan ne fit qu'un tour alors que toutes ces déductions ne lui prenaient qu'une poignée de seconde (désorganisées, mais tout de même !!!). Une demoiselle était en détresse et il était hors de question pour lui de fuir !!!! Dès l'instant où il l'avait vu prisonnière d'ailleurs. Mais voir cet homme s'avancer, en train de défaire sa ceinture avec un rire d'autant plus pervers qu'il ressemblait à un porc abruti ne fit que précipiter les choses.

La seconde suivante, il attrapait les vestiges d'un mur de ciment, enfin un bout simplement tout de même de belle taille et le jetait avec force sur l'homme en question. Qui se le prit à l'arrière du crâne et s'effondra en hurlant. Les autres interloqués eurent justement le temps de se retourner pour voir un jeune homme apparemment fou furieux, dévaler une pente abrupte d'un vieil immeuble couché et tout déglingué et leur fondre dessus en faisant danser son sabre. Ce furent pour certains, les dernières images qu'ils virent...

Ca n'avait pas été si simple... Ronan grimaça en portant une main à l'entaille de son bras droit, pressant la blessure avant de secouer la tête. Il s'en soucierait plus tard. Soudainement très mal à l'aise et bien plus effrayé que lorsqu'il s'était jeté seul dans un combat acharné avec ces bandits, il s'approcha de la jeune fille.

-... je...je... ma... mademoiselle ?... Je.... je suis un ami, tout va bien à présent... je... j'ai tué vos ravisseurs, vous êtes en sécurité. Je suis désolé, je vais être contraint de vous toucher pour vous détacher. Pardonnez-moi je vous prie.

La gorge sèche, il prit un poignard d'un des hommes à terre pour trancher avec mille précautions les liens qui enserraient les poignets et les chevilles de la jeune femme, faisant de même enfin avec son bâillon puis finalement le bandeau sur ses yeux, essayant de la toucher la moins possible.

- je... ça... ça va ?

HS : alors alors alors ? !!! ^^'

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Dim 12 Fév - 21:30

La souffrance.. On croit savoir ce que c'est sans savoir ou se finit elle.. Encore faudrait il qu'elle puisse e n connaitre une, une fin. Est ce que c'est lorsque l'on appercoit plus l'ombre de la lumière ? Oh non, cela va bien au delà.. Bien plus que vous le pensez. Je ne serais pas mécontente de me contredire, mais c'est pourtant impossible de le faire.. Aujourd'hui mon bandeau me cachant du monde vient de tomber.. Et bon dieu que cela fait mal aux yeux, cela fait naitre chez vous la panique comme si vous étiez un petit animal malheureux.. Mais après tout c'était ce que j'avais été durant des semaines non ?
Comment vous expliquer cette douleur de ma délivrance.. Débutons par le commencement.

C'était un beau jour, le soleil rayonnait, les oiseaux chantaient.. Et moi, petite insouciente de mon époque j'avais décidé de revenir à mes belles habitudes en allant me promener en dehors du repère des Sins.. Bon dieu, si j'avais pu me claquer moi même, je l'aurais fait. Je le ferais aujourd'hui. Dans ce temps, je croyais que rien ne pouvait m'atteindre... Enfin dans ce temps... Cela ne devait faire que quelques, plus ou moins.. Je ne savais pas, je ne connaissais plus la notion du temps. C'était bien triste. Enfin bien moins que la douleur que j'avais enduré lorsque je m'étais pris ce foutu coup dans la nuque qui avait fait que ma vie était un enfer aujourd'hui.. Si seulement j'avais su.. Moi être prise si stupidement au piège.. Et puis voilà, ce fut la dernière fois que je vis le soleil. En effet, suite à mon enlévement, je m'étais reveillée quelques heures après dans une cellule comme pour les animaux avec des barreaux, les yeux bandés.. Je savais juste que je ne pouvais même pas me tenir à quatres pattes dedans.. Sur le coup, je n'avais pas paniqué, le premier soir passa, sans que je mange ni boive, sans aucune visite.. Et ce fut ainsi durant deux jours suivants encore.. Certains mon intestin avait grondé mais ce n'était pas la première fois que je jeunais autant alors.. Puis un matin alors que je commencais déjà à perdre le fil du temps, j'avais entendu un rire grave et une porte claquée.. D'un coup sec, on avait ouvert la porte de ma cellule et l'on m'avait tiré le bras. Je me souviens encore de la première phrase que l'on m'a dit.
<<- Si tu nous dit tout.. tout ira bien, tu n'auras pas mal, nous ne te ferons rien.. Mais saches que tu ne nous dit rien, tu ne mourras pas.. Tu souffrira mais tu ne te debarassera pas de nous par la mort.. >>


Là, ca avait été la panique. Et puis, je me souvenais de ma première réflexion personnel. Ils n'auront jamais le cran de garder en vie une rouquine casse pied.. Je me souvenais avoir souri puis m'être pris un coup. Puis deux.. Bien évidement, ceux ci n'avaient pas été les derniers. Je m'étais promi ne de rien dire, de ma race, de notre repère, des gens que je connaissais. Je m'étais promi de ne pas leur faire savoir plus que mon prénom et que mon don, car ca, ils l'avaient découvert bien avant de m'avoir dans leurs filets.. D'ailleurs, je n'avais jamais su comment ils s'y étaient pris.. Enfin.. Non, je n'avais rien dit.. Si au début, j'étais sure qu'il finirait par me tuer, à un certain moment, j'avais découvert qu'ils avaient dit la verité.. Je ne mourrais pas parmi eux.. Non, peut être après, peut être de vieillesse en restant parmi eux.. Mais jamais il ne m'assasineront.

Quelle fut la surprise lorsque sonna dans mon esprit comme une vérité insoluble. Comment l'avais je réalisé ? Après le temps passé les yeux bandés sans doute, les jours où j'avais été frappé encore et encore sans relâche.. Et encore, si cela n'avait été que ca..
Je me souviens du jour ou ma vie se finissa. Ou ma mort vint à moi. Ou j'eus pour la première fois de ma vie envie de me tuer, de mettre fin à mes jours.. Oui, je me souviens du jours où plusieurs hommes étaient dans une salle, où l'on m'a jeté par terre.. Et où j'ai servi comme un piètre objet. Où l'on a souillé mon corps.. Tout ca parce que je ne voulais rien dire.. Et bizarrement, malgré ce que j'avais pu subir comme préjudice, je n'avais pourtant rien révêvlé, comme si se faire abuser ammenait la rage pour lutter contre le mal.. Etrange réaction que j'avais eu sans m'en rendre compte.. La nuit suivant cet évenement, j'avais hurlé, j'avais pleuré, et je n'avais pas dormi.. D'ailleurs, je ne dormais plus.. J'avais bien trop peur d'être surprise au milieu de mon sommeil.. Pour d'autres choses de ce genre. Après cela, on avait aussi essayé de me faire croire qu'on allait me noyer... Toujours les yeux bandés. et sans que rien ne se finisse un jour.
Jusqu'à aujourd'hui !

Comme déjà, cela avait été fait avant, on me déplacait d'un endroit à un autre.. Sans doute une tactique pour ne pas se faire repérer.. Et souvent durant ses voyages, on s'amusait à mes dépends.. On se moquait de moi, on me prenait comme si je n'étais qu'un grain de sable que l'on pouvait balancé parmi tant d'autres.. Au début, ce genre de truc vous blesse.. Puis au fur et à mesure... Vous vous habituez, vous finissez par leur donner raison. Vous n'êtes rien, ils sont comme dieu. Oui, ils. Car je n'avais jamais pu apercevoir qui ils étaient.. Car je n'avais jamais pu donner un nom à l'un de mes maitres.. Car c'était comme ca que c'était rentré dans ma tête.. C'était un peu des maitres.. Enfin bref.. Ce dernier déplacement, je le faisais comme d'habitude, transportée, et pas en marchant.. Ils avaient trop peur que je m'enfuis bien sur.. Je savais que j'allais encore passer un mauvais quart d'heure.. quoi que.. J'avais entendu la boucle de ceinture s'enlever.. mais aussi un autre bruit, que je ne connaissais pas. Que je n'arrivais pas à determiner.. Quelqu'un qui me sauverait ? piètre idée ! Cela devait encore êtr eun animal qui finirait en cage.. Tout comme moi ! Puis j'entendis un choc, un cris, plusieurs puis plus rien. Je m'étais mise à bouger dans tout les sens, essayant de m'enfuir de là ou j'étais essayant de trouver quelque chose pour m'enfuir.. Ou mieux, me tuer.. Cependant, rien à faire, les mains et les pieds liés, les yeux bandés.. J'aimerai bien vous y voir vous. Puis un silence. des bruits de pas vers moi. Le stress, l'angoisse. Qu'allait il encore m'arriver de pire ? En fait, la voix proche me surprit, et j'eus presque envie de crier. Tuer.. Ils étaient morts.. Cela ne me donna pas le sourire, mais m'effraya..
<<- Tuer... Ils vont revenir.. C'est sur.. ils vont revenir, partez.. partez ! >>

Je sentis les liens se défairent, l'air revenir.. et la lumière.. Oh oui cette lumière.. qui fait mal tout en vous rassurant.. Cette lumière mais aussi cette souffrance qu'elle est.. Tout de suite, je sentis mes yeux.. comme dans un besoin de vivre, de s'exprimer à travers mon pouvoir.. Allait il exploser ? Pour le temps pendant lequel je ne l'avais pas utilisé.. Non, le contrôle. Le contrôle.. il fallait que je pense.. à.. A... Ethan ! oui, c'étiat lui qui m'avait dit ca souvent.. le contrôle... Pour la première fois de ma vie, j'écoutais bien que trop tard un être qui m'avait été cher.. et que j'avais laissé comme les autres.. bien que concrétement, je n'étais pas vraiment fautive.. pour une fois ! Enfin.. La réalité revint à grands pas.. Je me mis à respirer à une allure rapide.. Je sortis de ce qui m'avait transporté jusque là et m'éloigner du garçon.


<<- Partez ! très loin d'ici. Ils vous retrouveront. Je les ai entendu, ils.. ne vous tueront pas.. ils.. >>

Il fallait que j'utilise une tactique pour le faire fuir.. Utiliser mon pouvoir.. c'était la meilleure solution. Quel culot je faisais là.. effrayer celui qui venait de me sortir de l'enfer.. Mais je n'avais pas d'autre choix.. c'était pour lui et sans doute pour ses proches aussi.. Je me rapprochais alors du garçon, tremblant, de la tête aux pieds. Je ne le touchais pas, mon pouvoir n'en avait pas besoin, depuis combien de temps attendait il de se jeter sur quelqu'un ?! Mon regard devint brillant, se positionnant dans celui de l'inconnu.. Le pauvre allait sans doute subir la rage qu'on avait fait naitre en moi.

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Lun 13 Fév - 10:15

Quels monstres étaient-ils pour oser agir de la sorte ?! Dans quel monde vivait-on ?!
Certes, c’était la désolation, certes, une approximation d’un monde déchiré après la fin de toute une ère de progrès et de réussite… et d’ailleurs dans un sens, les hommes ne l’avaient pas volé. Ils avaient massacré leur planète, s’étaient échinés à la détruire à force de pomper dans toutes ses réserves et forces… se précipitant inexorablement vers leur propre fin. D’ailleurs comment avait-il pu y avoir des survivants ? Y en avait-il réellement eu ou la vie s’était-elle recrée, comme elle l’avait fait des milliards d’années plus tôt, mais en accéléré ? Est-ce que des résidus de cellules déjà organisées dans cette évolution, mammifères etc avaient survécues et qu’à partir d’elle, la vie s’était réimplantée rapidement. Peut-être après tout. Qui pouvait dire exactement ce qui s’était passé ? Cela remontait à si loin à présent.
Ronan n’avait jamais compris la haine qui animait les Ashtarus.
Pour sa part, il était né dans un village en majorité peuplé d’humains, mais également de Sins. Ils s’entendaient tous comme de bons voisins même si des discordes éclataient parfois. Ils prêtaient assistance à n’importe quel être demandant de l’aide et ils étaient extrêmement généreux et confiants… Comme s’ils voyaient encore du bon dans l’homme.
Néanmoins, suite à quelques attaques d’Ashtarus, ils avaient appris à camoufler leurs Sins, surtout les enfants qui encore innocents pouvaient maladroitement utiliser à tort leur don. C’est pourquoi, sans doute descendant des celtes, ceux qui présentaient l’étrange signe se voyait apposer un tatouage. Le S était maquillé à vie de façon à représenter un triskel, dont deux branches existaient déjà… parfois simple, souvent rendus plus élégants par d’autres signes etc. De ce fait, ils ne pouvaient pas être accusés à tort puisque ne portant pas le signe distinctif des Sins enfin si mais très bien caché puisque exposé à la vue de tous.

Ronan avait déjà eu à combattre des ennemis. Pour protéger les siens, peu importait le nombre. Depuis sa tendre enfance, désigné comme un guerrier, il avait été entraîné. Tous n’y étaient pas destinés, certains hommes ne porteraient peut-être jamais d’arme de leur vie au sein de cet étrange village à la hiérarchie compliquée. Mais lui, il en faisait partie. Il avait suivi ces espèces de cours qui étaient donnés à des groupes de jeunes garçons suivant leur tranche d’âge… où on leur avait d’abord inculqué l’honneur et la droitesse qui aurait été comparable à un code de la chevalerie très sévère et pointu, dont il ne fallait s’écarter sous aucun prétexte. Très tôt ils avaient appris à utiliser leurs corps et à avoir confiance en leurs capacités dont ils devaient toujours repousser les limites. C’était dur, très dur, mais ceux qui étaient choisis en protecteurs ne se plaignaient jamais. Certains changeaient de voie si celle-ci s’avérait inatteignable, la plupart continuait. Entraînés dans des conditions extrêmes, à survivre à peine vêtu dans des températures glaciales, à frapper des heures, usant toujours du même mouvement sur un tronc épais jusqu’à ce que les mains en sang trempent les manches des épées et les rendent trop glissants pour leurs articulations trop endolories, à tel point que desserrer les mains était une torture. Rester des heures parfois dans une eau presque gelée les mains attachées dans le dos, à battre des jambes pour rester à la surface, à combattre leurs aînés très forts et pas tendres le moins du monde, qui n’hésitaient pas à les frapper à terre s’ils jugeaient que la hargne n’hantait pas assez les cœurs de leurs cadets.
Ah non, ce n’était pas un monde tendre… Mais Ronan y avait survécu… même si beaucoup des jeunes gens qui l’avaient accompagné dans cette formation avait péri à un moment ou un autre, d’hypothermie, d’hémorragies… peu importait, pour survivre il fallait être prêt à mourir.

Bref, il était un guerrier, il avait appris à tuer, à protéger de sa vie tout ceux qui en avaient besoin. Cette règle ne se limitait pas à son village et ceux alentours mais à toute personne en difficulté. C’était ce même code, parfaitement ancré à une manière de penser qu’avait eu très tôt le jeune homme (et qui lui avait permis de surmonter les épreuves aussi) qui l’avait poussé sans la moindre hésitation hors de sa cachette pour affronter les monstres qui s’en prenaient à une innocente jeune fille. Enfin de loin il avait cru à une jeune fille parce qu’elle lui semblait plutôt petite.
Mais malgré la maîtrise de l’art du combat qu’il s’escrimait à dépasser toujours davantage, ses émotions… il ne le contrôlait pas toujours et il s’en était fallu de peu pour qu’il ne se transforme pas…
Or son pouvoir était puissant, très puissant même. C’était de lui qu’il tirait sa force bien au-dessus de la norme… enfin d’elle et des muscles qu’il s’était forgés évidemment.
En tous les cas, il les avait senti… Sa mâchoire changer, ses canines pousser très tôt, ses yeux virer au doré et son corps qui voulait se transformer… En cette bête dangereuse qu’il tentait toujours de maîtriser. Il avait eu peur, sachant qu’il pouvait aussi blesser celle qu’il tentait de secourir et s’était maîtrisé de justesse, se prenant plusieurs coups du fait de son inattention, mais c’était bien peu de chose.
Quand il s’était repris, son sabre s’était mis à danser dans ses mains et ses adversaires, même s’ils étaient censés être expérimentés n’avaient pas tenu bien longtemps…
Il avait hésité à les mettre ailleurs avant de détacher la jeune fille, craignant qu’elle prenne peur devant les cadavres mais il était prioritaire de la libérer.

C’était pourquoi il s’était avancé avec précaution, essayant de ne pas l’effrayer et d’autant plus mal à l’aise qu’il se rendait compte que même si elle n’était pas très grande, c’était bien une jeune femme qu’il venait de secourir. Aie aie aie… Lui qui était si maladroit avec les femmes, voilà qui risquait d’être compliqué. Néanmoins, il la détacha rapidement, prudent.
Son cœur se serra en remarquant à quel point elle était amaigrie et les marques de coups qui marbraient son corps. Depuis quand était-elle leur prisonnière ? Outre les myriades de bleus, les liens trop serrés avaient entaillés sa peau, elle semblait même avoir plusieurs petites fractures ou au moins entorses.
Non seulement ces brutes l’avaient battue et bien des fois, mais à voir le peu de vêtements qui lui restaient sur le dos, ce qui faisait d’ailleurs pas mal rougir le garçon qui s’évertuait à fixer un point dans le vide, ils ne s'étaient pas contentés de la frapper. Ils avaient fait bien pire et avaient pris bien plus. Sa mâchoire se crispa. Comment pouvait-on agir ainsi ?!
Une de ses lèvres était fendue d’ailleurs, ce qu’il remarqua en enlevant son bâillon, très récemment sans doute, ils ne s'arrêtaient donc jamais ? Doté d’une grande sensibilité même s’il n’en avait pas forcément l’air, et d’une morale certaine, l’indignation et le dégoût qu’il ressentait vis-à-vis de tant de cruauté auraient suffi pour qu’il se transforme s’il ne s’évertuait pas au calme pour prendre soin de la jeune femme. Et s'il n'était pas aussi un peu intimidé...
D’ailleurs à peine eut-il enlevé son bandeau, la voyant cligner des yeux face à la lumière qu’il se leva pour prendre aussitôt dans l’espèce de charriot une espèce de couvertures tirée des marchandises sans doute volées des agresseurs de la demoiselle, l’en recouvrant aussitôt, la regardant le moins possible.

Sauf qu’elle tenait un discours très… chaotique. La pauvre était traumatisée, c’était une certitude et elle semblait paniquée, il avait l’impression de ressentir sa détresse d’ailleurs. Il avait presque peur de savoir ce qu’elle avait vécu mais il aurait bien aimé qu’effectivement ces hommes soient encore vivants… qu’il puisse leur arracher le cœur à mains nues !
Elle était paniquée… Et lui… un peu… paralysé. Parce que même si elle était dans un sale état et c’était le moins qu’on puisse dire, elle avait un regard à… tomber par terre. Et un très beau visage, même encore marqué de coups, enfantin, attendrissant… qui démentait son corps de femme qu’il avait entrevu, en voulant battre les tomates niveau prise de couleur.
Se sentant particulièrement idiot, il lui fit un très beau sourire qui se voulait rassurant et s’avança vers elle, alors qu’elle semblait faire de même.

- Ne vous en faites pas damoiselle… ils sont tous morts je vous le jure… Ils ne vous feront plus de mal, c’est terminé à présent. Asseyez-vous à présent, vous êtes affaiblie, vous ne devr…

Sa phrase mourut sur ses lèvres alors que son regard était indubitablement attiré vers celui de la jeune femme. C’était bien rare qu’il regarde une femme dans les yeux, du moins sans rougir et se sentir idiot, mais là, ces yeux avaient quelque chose d’envoûtant. Ils étaient magnifiques d’ailleurs, et il se figea sur place… Mais la suite fut bien moins agréable. Il ne comprit pas immédiatement, mais son corps fut parcouru d’un frisson alors qu’il sentait la porte qu’il s’obstinait à garder fermée dans son esprit s’ouvrir en grand. Ronan était courageux, prêt à risquer et perdre la vie pour les autres mais il avait bien une peur… celle de perdre le contrôle. Dans son esprit s’imposait son image de beau jeune homme tranquille se transformant brusquement en un être étrange mi-homme, mi-fauve, assoiffé de sang, de vengeance, de douleur… qui éventrait des innocents sans raison… qui semait le chaos là où il ne voulait pour sa part qu’apporter paix et sérénité.
Terrorisé, il s’était mis à trembler et ça aurait pu durer longtemps s’il n’y avait pas eu un hic… un gros hic quand même.
Après tout… celle dont il ignorait encore le nom était blessée… encore marquée des nombreuses séquelles de ses tortures, amaigrie, affaiblie et là elle utilisait à plein régime un pouvoir qui lui bouffait les quelques réserves qui lui restait…
Et son pouvoir était à double tranchant. Après tout en imposant aux autres leurs peurs, elle les voyait… mais il ne comprit pas pourquoi brusquement il se mit à voir ce qu’elle avait subi. Ce que ces… inqualifiables lui avaient fait. Encore une fois, il frôla la transformation et il lui fallut toute la force de sa volonté pour détourner les yeux très légèrement, rompre le contact et la rattraper aussitôt en la voyant chanceler.
Autant le dire, elle ne pesait pas grand-chose… Il l’avait soulevé avec tant de facilité que la colère était revenue au galop dans son cœur. A présent à genoux par terre, n’essayant même pas de masquer son regard, il la tenait contre lui, essayant de ne pas lui faire mal, passant maladroitement son pouce sur une de ses joues.

- D… Damoiselle ?!... Tenez bon. Tout va bien, je vais m’occuper de vous, ne craignez rien, je ne vous ferai pas de mal.

Etait-ce pour ça qu’elle l’avait attaqué ? Parce qu’elle croyait qu’il allait lui faire la même chose que ces monstres ?!

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Lun 13 Fév - 15:20


L'être humain était similaire à la boite de pandore. Il ne comportait que de mauvaises choses.. Sauf l'humanité elle même, remplacant l'espoir de la boite.. Le reste.. ce n'était que chaos, qualités mal placés, et défauts adoucis. L'humain était peut être à lui même le mal.. Sans doute.. Car je ne voyais de ma race rien qui ne valent réellement la peine que de vivre en ce monde. Durant l'apocalypse, nous n'aurions pas du survivre.. Cela était tout simplement anormal. En effet, comment une race aussi cruelle prenant le pouvoir de dieu en faisant le choix de vie ou de morts sur les autres et vivant par son égoïsme pouvait subsiter sur cette terre dorénavant appellée Isisnahl.

Affaiblie..? Jamais ! je n'étais pas faible.. Je ne voulais pas être une assistée, il avait tord, affaiblie.. J'étais en pleine forme. Sur mes deux jambes, certes, maigre mais en forme.. J'avais donc une mine si affreuse que cela ? J'avais donc vraiment cette apparence de cadavre comme mes ravisseurs avaient pu me le faire remarquer mainte et mainte fois.. Cependant, je ne réagissais pas, j'étais déjà en train de comettre une erreur fatale, une fois de plus, comme si je n'étais bonne qu'à ca ! Le contrôle.. Le contrôle ! et non, c'était mort ! Je n'avais pas reussi à l'avoir, une fois de plus, de toute façon, je n'en étais pas capable. Rapidement, je me retrouvais en contact avec les peurs de l'homme qui m'avait sauvé. Je n'en fus pas heureuse que de le faire souffrir, je ne me sentis pas non plus soulagée. Au contraire. Sa peur : perdre le contrôle. Et je le comprenais, c'était ce qu'il y avait de plus horrible, et dans tout les sens du termes. Que ce soit sur un pouvoir.. Sur soi même, sur sa propre vie. On souffre toujours de la perte de contrôle. Cependant, je n'arrivais pas à me détacher, je ne m'en sortais pas.. Et puis comme si je m'étais lancée à moi même ma propre attaque. Je revis les pires moments de mon incarcération que je m'étais imaginée en la subissant. Car je n'avais rien pu voir mes mon esprit avait forcément tout remodeler à sa sauce. C'était encore plus.. choquand, effrayant, et même traumatisant. Au delà de ceci, je compris rapidement que mon interlocuteur avait vu la même chose. Tout de suite venait la honte, de désespoir.. l'envie de mourir. Une fois de plus. Je ne pouvias pas m'arreter, mon corps semblait vouloir se vider de toute son énergie par ce pouvoir. Je n'arrivais pas à couper court, et je recommencer de nouveau à paniquer. Puis soudainement. Plus rien. Plus d'images traumatisantes que ce soit d'une bête assoifée ou d'une fille martyrisée. Plus rien. Le contact était coupé. Et je n'eus même pas le temps de respirer que je tombais. les yeux ouverts, la respiration haletante. Je me sentais vide.

Aussi vide qu'une coquille. J'étais lassée et fatiguée de vivre. Je n'en pouvais plus.. Je luttais contre le sommeil, contre la mort.. Je luttais sans savoir pourquoi, sans comprendre mes intentions. Qu'est ce que j'esperais. Qu'un jour je ne serais plus seule, qu'un jour on viendra me sortir de cette vie chaotique. Allons, il fallait arreter d'esperer l'impossible. Il fallait que je me rende à l'évidence. Il était l'heure de partir. pour de bon. De laisser de coté sa fierté, et de se ranger du coté de la mort. Il fallait abandonner l'espoir. Parce qu'au fond, je n'avais plus que mes yeux pour pleurer.. Je fermais ceux ci décidant de laisser faire le destin. Mais cela ne dura pas longtemps, l'instinct de survie me fit rapidement rouvrir les paupières. En fait.. j'avais beau dire que la mort était le meilleur moyen de m'en sortir. J'en avais peur. Qui me disait que je n'allais pas plus subir là bas. Ne sachant pas ce qui s'y cacher. Qui me disait que j'allais être en sécurité là bas ? Personne ! Quelle stupidité. J'étais totalement stupide !

En fait.. contrairement à mes précédentes pensées, je revenais vers un minimum de lucidité.. J'avais besoin de quelqu'un. est ce quelqu'un était là à coté de moi, je ne savais pas comment il se nommait, je ne savais pas pourquoi il était là maintenant, à cet endroit précis. Je ne savais rien de lui, mais je savais que j'en avais besoin. Qu'il fallait que j'abandonne ma solitude parce que celle ci allait plus me faire crever que vivre. Je comprenais maintenant pourquoi l'on était heureux lorsque l'on avait un ami. Parce que l'on pouvait se reposer dessus quelque instant, moindre soit il.. Je me mis à pleurer, ne supportant plus le poids de mon corps, chaque larmes semblaient peser bon nombre de kilos. Soudainement, les larmes semblaient ne pas s'arreter de couler. Elle froler mes joues pour tomber par terre.. Depuis combien de temps, je revais de pouvoir relacher cette tension que mon corps s'était imposé à lui même. depuis combien de temps je revais de sentir chaucn de mes muscles se décontracter.. Je me sentais comme en sécurité. A coté des cadavres de mes meurtriers, mais dans les bras de quelqu'un qui n'avait pas passé son chemin malgré le risque qu'il avait encouru. Je tremblais de tout mon corps. non pas que j'avais froid.. Mais que les nerfs flanchaient.. Je me mis alors à m'excuser auprès de l'homme qui me tenait.. de l'avoir agresser tout d'abord puis ensuite de le mettre dans cette situation compliqué.




<<- Je suis vraiment.. désolée.. de tout ca.. Mais je vous en supplie, par pitié.. ne le dites à personne.. s'il vous plait... >>
J'avais encore tellement de chose à dire, de mots à exprimer.. Mais je n'y arrivais pas.. Depuis combien de temps je n'avais pas parlé ? je ne savais pas ma voix semblait juste abimée par les cris que j'avais pu pousser tout au long de ma détention... Et puis, je ne savais même pas comment lui parler. Alors que mes yeux étaient embués de larmes, je regardais malgré la lumière aveuglante, celui qui avait osé me sortir de la m*rde dans laquelle je m'étais fourrée. Il avait l'air.. mal, mais son visage était ravissant.. Incomparable par rapport à la bête qu'il semblait être. Mais il me faisait tout de même peur, par sa corpulence.. Oui il était beau. Sans doute le genre de gars à attirer toute les filles sans qu'il s'en rende compte.. Mais personellement, le moral n'était pas à la drague.. Non du tout,bien qu'il me semblait indispensable de lui demander qui il était.



<<- Qui.. êtes.. vous.. pour trainer ici par les temps qui cours.. >>

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Lun 13 Fév - 17:12

Jamais il ne s’était retrouvé face à un pouvoir comparable.
Dans la majorité des combats qu’il avait mené, souvent seul, Ronan avait affronté des humains… parfois de simples humains avides de voler aux autres ce qu’ils ne possédaient pas… Si ceux du village du jeune homme et d’ailleurs quel village… Son nom aurait fait subir plus d’une personne de l’ancien temps. Après tout… des descendants de celtes se présentant comme les habitants d’Avalon… Il ne manquait plus que Merlin l’enchanteur et le tableau serait parfait !
Bref, ces humains, mais aussi des Ashtarus, beaucoup plus expérimentés au combat mais qui en général évitaient de se frotter à eux… et puis des Sins… Des sins que les habitants accueillaient avec générosité, prêt à leur prêter assistance, qui s’en prenaient alors à eux, usant de leurs pouvoirs… pour voler leurs biens, et violer femmes et jeunes filles, s’importunant peu de leurs âges.
D’ailleurs c’était au cours d’une de ces « trahisons » que le pouvoir du jeune homme s’était révélé… qu’il avait cru s’évanouir alors qu’en fait il se transformait. Le pire était cette absence de contrôle et surtout de conscience. Il n’était plus lui-même dans ces cas là et ne se souvenait de ses actions que par bribes par la suite, bribes incertaines et incohérentes mais il tuait, ça il le savait… Il tuait sans l’ombre d’une hésitation… C’était pour cette raison qu’il avait peur… de cette voix qui se faisait parfois entendre dans sa tête et lui donnait presque l’impression d’être un schizophrène… cette voix qui l’enjoignait à lui laisser la place, à se venger, à faire du mal…

Il en avait ainsi affronté des Sins et leurs pouvoirs étranges et divers, parfois terribles. Mais jamais encore il ne s’était retrouvé face à un don comparable.
La capacité à trouver dans le regard des gens (ou était-ce dans la connaissance profonde des gens justement ? Après tout, ne disait-on pas que les yeux sont les fenêtres de l’âme ?) leur peur la plus terrible, ou n’importe quelle peur assez violente pour les rendre fou de terreur… Etre en mesure de la leur faire vivre dans une illusion parfaite, faisant vivre à leurs autres sens cette expérience exceptionnelle bien que terrifiante… Mais vivre aussi ces peurs… se forger une carapace pour y résister et ne pas sombrer à son tour. C’était un pouvoir exceptionnel et il doutait qu’elle en ait atteint les limites, hanté par la certitude que cela pouvait être plus, beaucoup plus…
Au lieu d’avoir peur, de la repousser en hurlant, de la frapper même à cause de ce qu’elle venait de lui faire vivre, il ne pouvait s’empêcher d’être admiratif et perturbé.
Cela devait être si difficile à vivre… Et il osait se plaindre de son pouvoir ?! Elle faisait sans le vouloir du mal aux gens quand elle les regardait dans les yeux… parce que maintenant il savait qu’elle ne l’avait pas fait exprès… se forçait-elle à garder les yeux baissés ? A ne pas admirer le monde, à ne pas regarder la vie de peur du mal qu’elle y ferait ?! C’était injuste !!!!
Ce n’était pas de la pitié, non loin de là. Mais de l’empathie, c’était certain… et accrue avec ce qu’il venait de voir. Parce qu’elle s’était portée préjudice à elle-même dans l’histoire.

Ronan avait été surpris de se mettre à « voir » ce qu’elle avait vécu… des images terribles qui s’entrechoquaient comme des épées dans un combat terrible et perdu d’avance. Les sons, les sensations tout y était accru par la force de ses souvenirs. Il avait même l’impression de sentir le goût du sang sur sa langue après les coups, violences diverses et variées qu’elle avait subies. Et il avait mal… avec elle et surtout pour elle. Et terriblement honte aussi… Parce qu’il était un homme… que ses semblables soient capables d’atrocités pareilles lui donnait juste envie de vomir… ah et des envies de meurtre aussi mais comme ils étaient déjà morts, ça risquait d’être difficile… Elle n’était pas aussi jeune que l’avait suggéré sa taille, ça se voyait dans la façon dont elle avait « reçu » les tortures de ses bourreaux. La honte aussi… c’était pour ne pas avoir croisé sa route plus tôt, pour ne pas lui avoir évité davantage d’horreurs, il aurait souhaité toutes en fait.
Lorsqu’elle avait chancelé, encore une fois, il avait agi par instinct et l’avait soutenue, pour ne rougir qu’après. Son poids l’avait en effet perturbé… trop légère, même si elle n’était pas grande… Ils lui avaient sans doute juste donné de quoi survivre mais survivre très faiblement… juste assez pour qu’elle puisse crier alors que personne ne venait à son secours.

Ronan désarmé, inquiet, la vit se mettre à pleurer et eut l’impression de se prendre un coup dans l’estomac… mais un coup si fort que des étoiles dansèrent devant ses yeux. Elle lâchait prise, elle comprenait… Que toute cette horreur était terminé et la tristesse, la honte, la peur, le soulagement et tant d’autres, toutes ces émotions devaient être étroitement liées dans son cœur. D’ailleurs le jeune homme sentit très vite ses propres yeux le brûler et sa vue se brouiller. Il les essuya d’un revers de main, ne voulant pas ajouter à la peine de la jeune femme…
Rougissant encore un peu, il la serra un peu plus contre lui, histoire de tenter de la réconforter et lui dire qu’il était présent… en évitant d’appuyer sur ses nombreuses contusions. Elle avait déjà bien assez mal comme ça !
Surpris de l’entendre lui parler, d’une voix moins paniquée mais tout aussi enrouée et chevrotante à cause de ses larmes, il lui fit un sourire rassurant.

- Ce n’est rien damoiselle… Après la maltraitance de ces hommes, agir ainsi envers un représentant de la gent masculine était inévitable.

Son regard s’adoucit alors qu’il voulait vraiment lui montrer qu’il n’était pas un danger, peu importait le domaine… et il rougissait même un peu moins, sans doute parce qu’il se sentait un peu utile pour une fois.

- Je ne dirai rien, je vous le promets, dit-il en prenant une de ses mains pour la mettre sur son torse, oubliant totalement qu’il était torse nu.

C’était pour l’assurer de son honnêteté mais il frissonna et rerougit, se sentant un peu bête d’avoir agit ainsi. Néanmoins, il ne fit pas le bond en arrière qu’il aurait probablement fait en d’autre occasion. Parce qu’elle était entre ses bras, qu’il ne voulait pas la secouer… Pour cacher sa gène qui menaçait de créer une surchauffe au niveau de son cerveau vu la couleur de ses joues, qui s’estompait fort heureusement, il rabaissa ses yeux sur elle. Il ne s’étonnait pas vraiment de l’avoir cru si jeune de loin. Elle avait un visage si pur malgré les marques de coups qui lui brisaient le cœur, qu’elle aurait pu passer pour une représentation d’Artémis… belle déesse aux cheveux du même feu sous ces rayons de soleil, bien que peu éblouissants du fait des nuages, qu’on prétendait éternellement figée dans la douceur et beauté de ses traits de toute jeune adolescente. Elle avait dû être si belle avant d’être couverte de bleus, pour l’être encore tant alors que son corps était si blessé… normal que ces hommes l’aient convoitée…. Mais pour obtenir ses faveurs, ils n’auraient dû user d’autres choses que la force de mots tendres et de présents, jamais de violence. En fait, la violence envers une femme était certainement la chose qui rendait le jeune homme le plus furieux. Inconsciemment, il se mit à passer doucement un de ses pouces sur ses paupières… très très très doucement, pour essuyer les larmes qui continuaient de couler.

Ronan prit soudain conscience d’une chose. De sa qualité d’homme !
Que les esprits tordus cessent de baver, non, il n’avait pas de réaction physique du fait d’avoir la jeune femme entre ses bras. Et puis en plus, il l’avait recouverte pour la rassurer, éviter d’exposer son corps aux courants d’air, et à son regard aussi, il ne voulait pas la gêner, ni l’inquiéter. Mais c’était justement ce dont il prenait conscience. Elle avait été abusée sans doute depuis de très longues semaines par des hommes… elle était certainement mince, petite en temps normal… face à la carrure, la corpulence de guerriers, elle avait certainement dû ressentir leur violence et leur « supériorité » physique d’autant plus. Et il se rappelait qu’il était un guerrier, qu’il était justement large d’épaules et bien bâti… et qu’elle pouvait justement en avoir peur. Aussi eut-il un geste qui pourrait passer pour anodin mais pas après ce qui s’était passé, parce que c’est sans hésitation et sans peur qu’il replongea son regard dans le sien, au risque de revoir sa peur. Et il avait bien raison… elle avait vraiment de très beaux yeux… C’était pour la rassurer qu’il agissait ainsi, pour lui montrer qu’il ne lui en voulait pas, ne lui ferait pas le moindre mal, que tout allait bien… Sauf que bon… il était tellement occupé à se dire que oui, elle avait des yeux magnifiques avec pas moins de trois nuances de vert, peut-être même quatre, qu’il faillit bien ne pas entendre sa question, se reprenant juste à temps. Un sourire timide se dessina aussitôt sur son visage.

- Je m’appelle Ronan… Je viens d’une contrée plus lointaine, plus proche des glaciers… J’ai été envoyé en mission dans les parages… enfin je me suis porté volontaire pour une mission. Je voyage seul mais ne vous en faites pas, je ne vous ferai pas de mal… Je suis vraiment désolé de ne pas avoir pu croiser votre route plus tôt et vous débarrasser de vos bourreaux. Je comprends votre inquiétude à mon égard et je répondrai à toutes vos questions mais à deux conditions… tout d’abord, j’aimerai connaître votre nom… si vous l’acceptez. Ensuite… rester ici n’est pas prudent, une tempête se rapproche et je ne pense pas que nous soyons seuls dans les parages… je vais donc bouger mais ne vous en faites pas d’accord ?


En disant cela, il s’était relevé, sans le moindre mal… ce n’était certainement pas le poids plume de la jeune femme qui allait le déranger… et il n’avait pas non plus l’intention de la faire marcher. D’abord parce qu’ils devaient faire vite, ensuite parce qu’avec tout ce temps immobilisée et pas toujours dans une position confortable, ses muscles devaient être sérieusement courbatus.
Se dirigeant vers le charriot, il attrapa à la va vite quelques sacs contenant des objets qui pouvaient leur être utiles et en redescendit tout aussi rapidement après avoir jeté lesdits sacs sur son dos.

- Accrochez-vous bien à mon cou par contre, je pourrais être contraint de ne plus vous tenir que d’une main… le terrain est accidenté plus loin.

Il parlait gentiment, de manière tout à fait désintéressée bien qu’ayant déjà rougit à plusieurs reprises déjà depuis le début de l’entreprise. S’éloignant rapidement du champ de bataille, il retourna là où il avait abandonné ses affaires après avoir pris soin de récupérer son sabre. Une fois arrivé sur le promontoire isolé qu’il avait choisi, il ploya les genoux pour l’aider à descendre et lui proposa de s’asseoir. Il leva les yeux vers le ciel, guidé par son instinct, il avait bien fait de précipiter les choses, des éclairs commençaient à déchirer les nuages et à répandre leur grondement de fin du monde….

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Lun 13 Fév - 19:44


Pleurer c'est le début du bonheur.

Le bonheur, je ne me souvenais plus vraiment de cette notion. Tout ce que j'en retenais, c'était du rire, la découverte des choses, la mise en danger.. Mais le bonheur était bien trop éphèmére pour que l'on puisse se vanter de le connaitre par coeur. Cependant, la situation.. Faisait naitre ce bonheur.. Ne plus sentir mon corps souffrir, savoir que j'étais un minimum en sécurité, que j'étais moins seule. Oui, je pleurais de tristesse mais aussi de soulagement. De profond soulagement. Le bonheur c'était ca, la petite étincelle dans le noir qui vous éclaire, peut être pour seulement quelques minutes, et parfois quand la chance est avec nous, pour l'éternité. Je crois pouvoir dire aujourd'hui que pleurer de joie, c'est quelque chose de stimulant pour votre esprit. Savoir que maintenant vous pouvez peut être remonter la pente. Oui, pleurer, c'est le début du bonheur, car le bonheur est l'espoir. Et tant qu'il y a des larmes, il y a de l'espoir. Dites donc ? Etait ce le garçon qui avait un tel effet sur moi ? Ma personne souvent négative, detestant le monde entier, et dans une situation ammenant le pessismisme.. Je me voyais aujourd'hui depuis quelques secondes à esperer un avenir.. coloré. Beau et pourquoi pas heureux. C'était incroyable, et je m'en rendais compte. Cependant, je ne disais rien, comme souvent. Je me contentais de pleurer car cela me faisait du bien, je déchargeais du mal que j'avais depuis trop longtemps conserver à l'interieur de mon âme.

Je ne voyais rien des rougissements de mon "sauveur". Non, mon regard était bien trop ambué de larmes pour que je puisse ne déduire la moindre chose. Bizarrement, ne rien voir ou presque aurait du m'inquieter. Mais je me sentais en sécurité, chose qui m'était rarement arriver avec les gens qui m'entouraient. SI quand j'étais petite, avec mon père.. En qui j'avais perdu toute confiance.. Mais je savais que le garçon ne pouvait pas être comme lui, il savait déjà que je n'étais pas humaine, donc il acceptait déjà au moins cette nature. Je trouvais ca beau ses paroles.. Même si je n'arrivais pas à rejeter la faute sur lui, il n'était pas responsable des actes de barbares, qui n'en avait que faire de la personne qu'ils avaient en face d'eux. Je n'avais à lui en vouloir.. Je savias que lui n'était pas humain.. cependant, je savais qu'il serait dorénavant difficile pour moi de proteger des personnes sans pouvoir.. trop difficiles.. C'était d'ailleurs étrange que j'avais plus peur de ces humains que des hommes par rapport au femmes.. Je ne me comprenais d'ailleurs pas moi même. Et puis d'ailleurs, comment en vouloir à un homme qui venait sans doute de sauver le reste de ma vie. Qui m'avait sorti d'un enfer certain que je ne souhaitais à personne.

Cela me rassura lorsqu'il promit de ne rien dire à personne. Un soulagement qui me fit encore pleurer.. Quelle pleurnicharde ! Cependant, son geste me surprit. Me prendre ainsi la main et la mettre sur son torse, contre son coeur. Comme s'il faisait un serment en m'y incluant directement. Je fus presque.. émue.. Et à la fois tellement rassurée par sa manoeuvre. Je le vis rougir, visiblement, j'avais affaire à quelqu'un de timide. Chose tellement rare par rapport aux rencontres que j'avais pu effectuer dans ce monde. Des personnes farouches, rigolotes, calme mais jamais gênée.. Mais timide ! ca c'était totalement nouveaux ! surtout par rapport à son physique qui plus on le regardait plus semblait divin. Non non, je vous jure, le mot n'était pas exagéré. Enfin bref, son geste me toucha, et il put même avoir la satisfaction d'avoir un de mes rares sourire. J'avais l'impression de pouvoir lui donner la confiance que je n'avais pu offrir à personne. Oui oui c'était possible. Il semblait si sensible.. si inquiet. J'étais moi même gênée par rapport à lui.. Pour tout ce qu'il venait déjà de faire pour moi en à peine un quart d'heure.

Mais tout cela n'était que le début de ma surprise. Le pire fut lorsqu'il me regarda dans les yeux. Sans peur, sans animosité. Il me regarda, s'était tout.. Et mon pouvoir ne réagissa pas, je n'eus d'ailleurs pas d'autre choix que de le regarder moi aussi, je ne put pas faire comme à mon habitude, c'était à dire, regarder le sol et que ca. Oui cela me perturba car j'avais le souvenir d'Ethan qui même lui se méfiait à chaque fois qu'il me regardait dans les yeux, chose particulièrement vexante. Le seul qui l'avait fait en tout inconscience avant mon " sauveur " avec était le jumeau d'Ethan. Mais bon, c'était un cas totalement différent à prendre hors cause. Le jeune homme me regarda ainsi durant plusieurs secondes, il ne semblait plus réagir. J'avais froncé les sourcils, ne comprenant pas ses intentions. En fait, tout ce que je ressentais, c'était que j'étais rassurée. Incroyablement rassurée !

<<- J'aime pas le chantage.. Enfin, j'ai une dette envers vous.. Louka, je m'appelle Louka.. Et pour le reste, j'ai pas trop le choix non plus >>

Oula.. Je reprenais mes mauvaises habitudes que de parler de facon plutôt cru.. Ben ouai, c'était tout de même du chantage que de me raconter qui il était en échange de mon prénom.. ENfin, non 'était un échange plutôt bien dosé mais il fallait avouer que j'avais l'art d'exagerer les choses. Je fis ce qu'il me demanda, c'est à dire, bien m'accrocher à lui.. Malgré que la tentation de me débrouiller toute seule était toute aussi présente. Mais il fallait se rendre à l'évidence, j'étais bien trop faible à ce moment précis pour me débrouiller seule, c'était à peine si j'arrivais à rester debout sans manquer de tomber ! Je profitais de ce moment pour fermer les yeux.. Et sentir l'odeur du garçon. Il sentait bon, atrocement bon d'ailleurs. Une odeur douce et relaxante.. je ne sais pas d'où il la sortait mais c'était incroyablement agréable. J'entendais son coeur battre. D'un battement si précipité mais serein par la même occasion. On aurait pu croire à une berceuse. Je sentais l'envie de dormir arrivait à grands pas. Mais d'un autre coté, j'avais peur de me jeter dans les bras de Morphée. Oui, l'instinct me faisait survivre alors que j'étais pourtant dans une situation qui était à mon avantage.. Alors que je sentais la difficulté de mes paupières à se relever, Ronan me déposa par tere et me fit asseoir. Je le remercier, gênée de ce qu'il faisait pour moi. Rarement on avait donné autant pour ma petite personne qui me semblait si insignifiante aujourd'hui. Je soupirais. Me posant toute sorte de questions.

<<- Qu'est ce que vous allez faire maintenant ? Que j'ai comment dire... bien retarder vote mission..? >>

La pluie commença à tomber.. étant donner l'allure à laquelle elle semblait tomber contre le sol, il n'y avait pas de toute, cette tempête prendrait plusieurs heures avant de disparaitre. J'aurais donc le temps d'abord de me reposer sans doute.. Mais aussi d'aller en dessous. Inconscience ? Aucunement. J'avais jute besoin de la toucher, quitte à tomber malade en dessous. La pluie est ce qu'il y a de plus beau. Car le soleil qui suit pourait peut être devenir l'espoir de toute une vie..

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Mar 14 Fév - 13:29

Comment pouvait-on être si cruel hein ?
La simple idée du mal qu’avaient fait ces hommes déroutait Ronan. Etait-ce parce qu’il avait été élevé dans le respect de certaines règles, d’un code ? Etait-ce parce qu’instinctivement il avait ce respect des autres et plus encore des femmes ? Tellement en danger dans ce monde ? Parce que non, décidément, il n’était bon de naître femme à Isisnahl… et encore plus de l’être et seule. En tous les cas, jamais il n’aurait pensé agir ainsi pour sa part. Il n’était pas naïf, savait que le monde était dur, très dur même… surtout avec cette façon qu’avait trop de gens de convoiter et de prendre l’objet de leur convoitise, même avec les femmes, surtout avec les femmes en fait. Il se doutait que ça arrivait, il n’y pouvait rien malheureusement. Ses patrouilles régulières avaient permis de stopper quelques attaques, d’aider les uns et les autres, mais il ne pouvait pas être partout et surtout il ne pouvait rien contre la mentalité minable des uns et des autres.
Néanmoins il était chamboulé, profondément chamboulé. Parce que même s’il voulait donner l’impression à cette jeune fille qu’il était fort, rassurant, il était réellement triste. Comment pouvait-on vouloir ainsi faire de mal à une femme ? Et comment surtout à une si jeune et si belle femme ?
Parce qu’elle était belle ! Il ne s’arrêtait pas sur tous les coups qui abîmaient son visage et son corps, il était admiratif de ses grands yeux innocents pourtant remplis de tristesse, de détresse, d’horreur. Qu’il avait envie de chasser… vraiment envie…
Alors comment pouvait-on vouloir agir ainsi hein ?
Elle était si petite par rapport à lui, qu’il avait l’impression de tenir une jeune adolescente… ce que sa maigreur avait tendance à renforcer. S’il avait été debout, elle ne lui serait probablement même pas arrivé à la base du cou. Et pourtant cette fragilité lui donnait plus encore l’envie de la serrer contre lui et de la protéger… tant qu’elle en aurait besoin.

Elle avait l’air si perdue, si triste et si heureuse en même temps qu’il ne savait absolument pas quoi dire ou quoi faire. De toute façon, il n’était jamais doué à ça. Il se connaissait… S’il lui parlait, il allait bafouiller, rougir, sans doute dire une bêtise et lui faire involontairement de la peine.
Mais il était honnête, il ne dirait rien de ce qui était arrivé à la jeune femme. D’ailleurs pourquoi l’aurait-il dit à qui que ce soit ? Elle était maîtresse de sa vie ! Il n’avait pas à décider de trahir son existence et ce qui la peuplait auprès d’une personne ou d’une autre !
Enfin bon… le souci c’est qu’il avait eu ce geste… ce geste d’engagement parce qu’il voulait lui prouver son honnêteté, ce geste tout bête mais qui le fit à nouveau rougir et comme cette fois elle sembla le remarquer il se sentit très mal à l’aise. Aie ! Quelle piètre image de combattant il devait donner. Sauf qu’elle eut une réaction qu’il n’attendait pas, mais alors pas du tout. A travers ses larmes, malgré son chagrin, malgré tout ce qu’elle avait subi, elle lui sourit. C’était le signe qu’elle irait mieux, le signe qu’elle s’en relèverait et sa force de caractère forçait l’admiration !!! Mais bon, pour sa part, sa réaction… fut de rester un peu coi et ébloui… Wahou… elle avait… un sourire… magnifique…Et ce beau visage qu’il affirmait malgré les blessures… lui apparut d’autant plus. Heureusement qu’il était à genoux par terre… parce qu’elle venait de lui mettre les jambes en coton et qu’il n’était pas certain, que celles-ci n’auraient pas trahi son trouble en le faisant flancher. Et heureusement qu’il n’avait pas à parler… parce qu’il se doutait qu’il allait rester muet pendant encore quelques secondes.

Quand après il la regarda dans les yeux, c’était un geste désintéressé… Enfin pas tant que ça, il avait envie de regarder à nouveau ses yeux. Quelque chose lui disait qu’on pouvait longuement fixer ceux-ci sans en saisir tous les détails… Comme s’il y avait quelque chose de plus à découvrir à chaque regard. Mais non…il n’avait pas peur en la regardant. Regarder quelqu’un dans les yeux était peut être anodin pour une personne normal mais il se doutait que ce n’était pas le cas pour elle. Ce n’était pas pour rien que ses bourreaux avaient bandé ses yeux. Elle ne devait jamais regarder réellement ses interlocuteurs. Il trouvait ça injuste. Baissait-elle les yeux constamment ? Et pourquoi accepter qu’elle s’humilie de la sorte, du moins qu’elle se soumette aux autres. Enfin, dans sa tête, ce n’était pas très clair… mais il avait du mal à imaginer que ses interlocuteurs justement puissent accepter qu’elle baisse les yeux, puissent se soustraire à l’envie de la regarder, que lui avait, qu’il ne se cachait même pas. Alors oui il la regardait dans les yeux. Parce qu’il voulait la rassurer, lui montrer que même si elle utilisait son don, il ne la fuirait pas, qu’il était là, qu’elle n’avait pas à avoir peur de lui et pas non plus d’elle-même.
Ce n’était pas non plus anodin parce qu’il n’agissait jamais ainsi d’ordinaire. Il se découvrait un côté entreprenant, plus sûr de lui… parce qu’il avait vraiment vraiment envie… qu’elle aille mieux.
Elle ne devait pas vraiment aimer, parce qu’elle fronçait les sourcils. Il arrêta et lui répondit… en posant ses conditions.

Elle répondit à sa manière et au lieu de sembler choqué ou quoi que ce soit par sa façon de parler, il se mit à rire. D’ailleurs il rit en se relevant, la soulevant sans mal un peu plus pour rapprocher son visage d’elle, d’une manière qui aurait pu paraître perverse ou mauvaise, qui n’était qu’amusée…

- Vous avez raison, je ne suis qu’un méchant maître chanteur…mais j’avoue apprécier puisque j’ai eu ma réponse. Ajouta t-il avec un sourire. C’est un beau prénom damoiselle. Je suis heureux d’avoir croisé votre route. Quant à mon autre exigence, au risque de me répéter, c’est tout à mon avantage. Mais vous pourrez me poser vos questions après, promis.

Il continuait de sourire d’un air adorable et comme elle semblait d’accord avec lui pour se laisser faire, il ne fit pas plus de commentaires. Elle se serra contre lui, s’accrochant à son cou et… les battements rapides n’avaient rien de surprenant étant donné qu’il s’était remis à rougir. Ah ben oui hein ! C’est pas que mais…euh… elle était quand même… Adorable et… là ben il sentait son souffle dans son cou et c’était… c’était pas mal du tout. Et malgré le vêtement dont il l’avait recouverte, il semblait son corps trop mince contre lui et il était un peu intimidé… Néanmoins, Ronan se reprit rapidement et refit le chemin pris précédemment mais dans l’autre sens. Effectivement, il eut besoin d’une de ses mains pendant une ascension mais garda toujours un bras pour la soutenir contre lui. Baissant les yeux à un moment, il remarqua ses yeux fermés et son air apaisé et faillit bien ne pas voir l’obstacle rocheux devant lui. Ah ben bravo –‘ !
Faisant son possible pour bouger le moins possible et ne pas la secouer, il finit par arriver à bon port et ne la déposa pas, l’aidant juste…. Après tout, elle devait avoir son honneur quand même, il ne voulait pas écorcher celui-ci par une attention trop poussée.
Par contre alors qu’elle avait rouvert les yeux et découvrait le lieu dans lequel il l’avait mené, ce léger promontoire à l’abri qui les abriterait de la pluie et du vent, il crut déceler de la gêne dans ses yeux. Pourquoi ? Avait-elle peur de ce qu’il pourrait lui faire ? Pourtant il pensait avoir été assez clair… N’avait-elle pas compris ? Il était déjà tout retourné par un sourire et en la portant alors… il n’avait certainement pas les idées mal placées ! Apparemment non, ce n’était pas ça. Lui souriant gentiment, il s’activa à vider les sacs et après avoir attrapé quelques branches rassemblées un peu plus tôt qu’il brisa sans mal, il alluma un feu. Ayant pris l’habitude dans ses exercices de survie, il n’avait aucun mal à se servir de silex et rapidement quelques flammes s’élevèrent.

Bon des affaires qu’il avait récupéré, il y avait quelques provisions qui ne seraient pas de trop… parce que s’il était très bon chasseur, niveau cuisine… il était très mauvais… et à part cuire de la viande et encore, il ne fallait rien lui demander sous peine de profonde déception. Quelques vêtements aussi… Qui devraient aller à la jeune femme. Elle aurait probablement besoin de les réajuster par endroits, ou du moins de les arranger à son goût mais c’était déjà ça. Quand d’un sac, il sortit une espèce de fouet, il pâlit, attrapa d’un geste son sabre et massacra l’arme de torture par des coups secs et énervés… raahhh, ça faisait du bien… et l’objet était en bouillie ^^’
Se rendant compte qu’il avait peut-être effrayé la jeune femme, il lui lança un sourire désolé.

- Ah… pardon ! Je… c’est juste que.. ; voir ce truc m’a…enfin… il pourra plus servir à rien comme ça –‘ !

Un peu gamin ? Peut-être bien… Mais comme elle lui parlait, il tourna la tête vers elle et l’observa. Ah ! Ca y est ! Il avait compris sa gêne précédente ! Elle pensait l’avoir retardé ! C’était tellement gentil de penser ainsi…Après tout, là, elle avait bien le droit de ne penser qu’à elle et d’être un peu égoïste… mais non, elle s’inquiétait aussi pour lui. Décidément ! Il n’y avait rien à jeter chez cette fille !

- Ne vous en faites pas. Tout d’abord ma mission n’était pas imposée donc j’ai du temps devant moi. Surtout que j’ai pris de l’avance en marchant plus vite que prévu. Ensuite je devais justement me rendre dans plusieurs lieux pour faire un compte-rendu sur l’évolution des passages d’humains, ashtarus, sins et muss. Epsilon était ma dernière destination. J’ai pu me rendre compte en partie qu’il n’y avait pas grand monde… et surtout j’ai pu arriver au bon moment pour vous sortir des griffes de ces… ordures ! Ce n’est pas votre faute. Vous n’avez rien retardé du tout ! Je suis très heureux d’avoir pu croiser votre route et de me dépêcher suffisamment pour qu’ils ne commettent pas l’irréparable… enfin… pas encore.

Et voilà ! Il avait dit un truc idiot ! C’était inévitable –‘ !!! Bien sûr que l’irréparable avait déjà été commis et à de nombreuses reprises de ce qu’il avait cru comprendre des souvenirs de la jeune femme… Comme il comprenait sa honte et son dégoût. Et son envie de mourir… Comment avait-elle pu réussir à lui sourire ?! Louka… c’était ainsi qu’elle s’appelait… Quel beau prénom… Elle avait vraiment du courage…vraiment. C’était admirable. Et lui… eh bien il était tout à fait admiratif.
Essayant de cacher autant son rougissement que de rattraper sa bêtise, il se rapprocha d’elle et prit doucement une de ses mains dans les siennes beaucoup plus larges. Même ses mains étaient adorables –‘ !!!!!

- Je ne compte pas vous abandonner… Du moins si vous l’avez pensé un instant, chassez cette idée de votre esprit. Pour l’heure, ma préoccupation est de m’occuper de vous pour que vous alliez mieux… et de vous protéger si le danger se présente. Du moins si vous me le permettez damoiselle. Je ne ferai rien contre votre volonté.

Il lui fit un nouveau sourire. C’était peut-être bête mais il avait envie de lui sourire. Parce qu’il la trouvait mignonne. Parce qu’il la trouvait courageuse… Parce qu’elle le touchait vraiment avec sa peur et toutes les horreurs qu’elle avait vécu et surtout sa façon d’y survivre, de voir au-delà ! Parce qu’il avait envie de la protéger et de la revoir sourire aussi…
Il tourna la tête vers l’extérieur où il pleuvait des cordes et se releva. Il avait remis sa chemise quand il était revenu et l’enleva non seulement sans hésitation, ni gêne (et du coup sans rougir, comme quoi…) mais sans perversité aucune. L’instant d’après il sortait sous la pluie un grand sourire au visage, comme un gamin ravi. Et au lieu d’être obsédé dans une surprotection, limite à l’enfermer, il revint vers Louka et s’agenouilla devant elle lui lançant un immense sourire. Il se releva, lui tendant la main, le torse luisant de gouttes d’eau et les mèches de ses cheveux trempés.

- Venez… elle n’est pas trop fraîche… et c’est amusant.


Cette fois-ci il ne la porterait pas… Elle n’était pas une assistée non plus. Mais il la soutiendrait autant qu’elle le souhaiterait.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Mar 14 Fév - 15:10


<<- Je crois que dans toute une vie, je ne vous remercierais jamais assez.. De m'offrir ce spectacle... J'espère un jour pouvoir vous rendre la joie que vous m'apportez... Vous savez, on crois que on peut prendre son temps dans la vie et se permettre de détester tout et rien.. Mais on tord. C'est de la connerie en fait. On deteste la pluie parce que ca rend malade, mais on devrait l'aimer parce que sans elle on ne serait que poussière.. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. C'est dommage la nature pessimiste que l'humain s'est attribué. Vous ne trouvez pas ? >>

Nous étions là, sous la pluie. Il venait de m'aider à me lever, il venait de me tendre la main pour que je puisse moi même aller vers une chose que j'avais oublié depuis bien longtemps. La douceur des gouttes d'eaux, la violence de sa vitesse.. Je sentais mes cheveux commençant à être mouillés, je les sentais s'alourdir. C'était une sensation qui me faisait tellement de bien.. J'avais le sourire jusqu'aux oreilles. Je m'avançais encore, lachant la main de Ronan, tendant mes bras devant moi. Je fis un espèce de bol avec les mains afin d'essayer de récuperer l'eau. C'était.. Magnifique, un bonheur qui avait été une utopie durant de nombreuses semaines. Je mis ensuite la main dans mes cheveux, respirant fort. Je me sentais comme revivre. J'avais envie de courir. Je marchais encore un peu plus, écoutant le bruit du tonnerre, regardant la lumière des éclairs. Je me mis d'un seul coup à rire. On aurait dit une enfant qui découvrait pour la première fois de sa vie la neige..Alors que là, c'était simplement de l'eau.


<<- C'est magnifique ! c'est tout simplement irréaliste !>>
J'avais été séquestrée, torturée, violée. Comment ne pas trouver une chose aussi éclatante de bonheur ? Je sentis les larmes recommencaient à tomber. Je devait être en plein rêve, il n'y avait que cette explication.. J'étais ainsi, dans cette envie de rire depuis que Ronan c'était auto critiqué. D'ailleurs, lorsqu'il avait rapproché son visage du mien, j'ai cru découvrir la plus belle merveille du monde, un homme vous regardant comme si vous n'étiez pas un objet, comme si vous étiez.. normal.. J'en fus d'ailleurs touchée, et gênée par la même occasion. Puis après cela, j'avais eu aussi énormement de rire à cause d'un acte étrange de mon " sauveur ". En effet, Ronan avait osé ouvrir les sacs qu'il avait récupéré avant de m'emener sous la pluie. Il y avait découvert un objet de torture, un espèce de fouet, qui avait sans doute du servir à me mettre dans cet état. Pauvre objet, il avait été assasiné par ce sins... qui ne le paraissait pas d'ailleurs. J'avais écouté jusqu'ici tout ce qu'il avait pu me dire, plusieurs fois il avait été gêné, et je n'avais pas répondu à ses remarques, le regardant juste, souriant. Pour lui montrer que tout ce qu'il pouvait me dire me rassurait et ne me faisait pas de mal comme son truc sur l'innéparable. Certes, je n'étais pas morte.. Mais c'était comme si, cependant au lieu de penser à cela, pour ne pas recommencer à pleurer d'égoïsme sur mon cas, sur mon.. aventure, je lui montrais d'un regard que ce n'était pas grave, qu'il n'avait rien fait de mal..

Au moins, il était naturellement, on ne pouvait pas lui reprochait cela, et je pouvais avouer que cela me plaisait incroyablement. Le naturel était ce qu'il y a de plus beau, de plus important !Tout au long de ces paroles, je ne fais que l'écouter. Histoire de prendre le temps de répondre avec douceur, de trouver mes mots sans trop paraitre agressive comme à mon habitude. Alors que nous étions ainsi, sous la pluie, je me retournais vers lui. Le voyant enfin tout entier. Certes j'étais petite, Mais je pouvais l'admirer. Sous la pluie, il était tout aussi beau. Son regard avait quelque chose de doux alors qu'il avait la carrure d'un vrai combattant. Il était beau, il y avait de quoi être en confiance avec lui, c'était clair. Et pourtant, même si mon corps souffrait que de se tenir debout, même si je sentais la faiblesse revenir rapidement, je voulais rester ainsi durant une éternité.

J'aperçu alors quelque chose qui me laissa bouche bée. D'un coup rapide et habile, je me rapprochais rapidement de Ronan, tournant autour de lui puis m'éloignant d'un grand pas. Le moment avait été très rapide. Et voilà que je me retrouvais de nouveau face à lui avec ses poignards dans les mains. Deux. Beaux.. ce qui me rappellait ce que j'avais toujours su faire. Me battre avec. Mes seuls armes que j'avais pu avoir si ce n'est mon pouvoir. Je fis tournais les poignards entre mes doigts, souriant de milles feux. Au moins, je n'avais pas perdu cela. J'avais envie de me battre, j'avais envie d'y mettre toute ma rage.. Tout le reste de mon énergie. Durant quelques minutes, je m'amusais avec les poignards, sous la pluie, faisant semblant de me battre contre quelqu'un.. Puis au bout d'un moment, je finis par réaliser que il y avait Ronan à coté de moi. Je lui avais quand même piqué ses poignards !

Alors que j'allais m'excuser platement, je vis un animal à quatre pattes, plus grand qu'un chien approchait de l'espèce de grotte.. Sans me rendre vraiment compte, j'allais vers lui, les poignards dans les mains, me baissant rapidement et tranchant la gorge de l'animal qui s'alongea devant moi. En fait, c'était vraiment gore. Je lachais tout, le regard dégouté. C'était la première fois que je semblais aussi écoeuré de ce que je venais de faire. Je me retournais rapidement vers Ronan.




<< je suis désolée ! c'est vraiment déguelasse ce que je viens de faire.. Je nettoierais des poignards.. Je.. j'sais pas pourquoi j'ai fais ca ! >>
Je récupérais les poignards, regardant avec dégout le cadavre.

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Mar 14 Fév - 19:17

Cette fille avait-elle décidé de le faire rougir bien au-delà de ce qu’il avait cru possible tout en le faisant sourire et se sentir tellement bien et tellement moins maladroit et inutile en même temps ?
Parce qu’en tous les cas, elle y arrivait plutôt bien !
Il lui avait semblé détecter une esquisse de sourire sur les lèvres de sa protégée lorsqu’il l’avait porté. Il ne savait pas trop à quoi il était dû, mais il était beau… c’était aussi pour cette raison qu’il avait failli ne pas voir l’obstacle devant lui, pour cette raison aussi que son rythme cardiaque s’était accéléré. Ce n’était pas désagréable… simplement… comme après un effort physique, pendant un effort physique, pas très intense mais qui avait pour but de le délasser du stress, de ses doutes.
Elle l’avait regardé étrangement quand il avait rapproché son visage du sien et il avait craint un instant d’avoir dépassé les limites sans le vouloir. C’était vrai qu’elle avait subi la brusquerie, la brutalité même d’hommes… normal qu’elle soit inquiète qu’il se rapproche ainsi d’elle. Quoique… elle ne pouvait pas voir ses bourreaux et étant donné qu’elle était bâillonnée et aveuglée, il doutait qu’ils l’aient embrassé ou quoi que ce soit de ce genre… D’ailleurs quelque chose lui disait vu l’éclat farouche dans les prunelles vertes qui se rouvraient sur le monde, que l’impudent y aurait laissé sa langue. Ce qui lui arracha un sourire amusé. Ah ça… elle aurait certainement au moins gagné cette petite victoire ! Même si elle en aurait souffert par la suite. C’était une intrépide cette fille ! Pas une chochotte, c’était certain !

Quand ils étaient arrivés, il s’était efforcé de répondre à sa question , tout en étant le plus honnête possible. En fait il n’essayait pas… puisqu’il l’était naturellement. En réalité, il ne mentait jamais. D’une franchise à toute épreuve, il répondait aux questions autant qu’il le pouvait quand on lui en posait. Et cette fois-ci n’allait pas déroger aux autres. C’est vrai qu’il relevait souvent les yeux vers elle, puisqu’il s’affairait en même temps qu’il lui parlait, et qu’il lui lançait régulièrement un beau sourire pour confirmer ses paroles. Non, ce n’était pas sa faute, loin de là et non il n’allait pas l’abandonner ! Il n’en avait ni ressenti le besoin, ni l’envie (surtout pas l’envie en fait). Elle était encore faible et… il n’avait jamais eu l’intention de l’abandonner ainsi. Il ne l’avait pas tirée des griffes de ses geôliers, agissant selon lui comme tout homme aurait dû le faire, pour la laisser ensuite se débrouiller seule ! En fait il y avait plus que ça. Il se disait qu’ils avaient forcément dû croiser d’autres gens pendant leur voyage et le transport de la jeune femme, pendant les tortures quotidiennes qu’elle avait dues subir. Alors pourquoi était-elle encore prisonnière ? Parce que l’homme ne sentait pas assez impliqué. Parce que s’il ne s’agissait pas de ses proches, il n’allait pas risquer sa vie pour secourir une inconnue. Ronan trouvait cela honteux et d’une stupidité terrible. Certes l’égoïsme était la meilleure arme pour survivre dans ce monde mais il s’était promis de ne jamais s’y plier. Auraient-ils été le double de leur nombre qu’il n’aurait pas renoncé à se battre ! Ce n’aurait qu’été plus long, il aurait peut-être été davantage blessé, mais certainement pas tué. Parce qu’il avait confiance en ses capacités et en la force de sa volonté… en son indignation, sa colère qu’il transformait en force et son côté intrépide… C’était ne pas hésiter qui le faisait gagner, il le savait. Il n’avait pas hésité. Parce qu’hésiter ça aurait été pensé une seconde, même une seule, que cette jeune femme ne méritait pas d’être secourue. Et elle le méritait… plus sans doute que bien des personnes qu’il avait aidé.

Alors qu’il se sentait très gêné de ses paroles malheureuses, il fut surpris qu’elle ne le prenne pas mal et qu’au contraire elle lui sourit ! Wahou… elle le prenait vachement bien ! Enfin elle savait sans doute qu’il n’avait pas fait exprès… Mais elle était vraiment gentille de lui pardonner cette maladresse. Oui bon, il était peut-être un peu trop exigeant envers lui-même, raison pour laquelle il rougissait à la moindre erreur, mais là c’était gros quand même ! Rassuré, il lui sourit aussitôt.
La suite fut d’autant plus intéressante. Parce que lorsqu’il lui proposa de venir sous la pluie, ayant remarqué l’intérêt qu’elle portait à l’eau qui ruisselait, elle accepta immédiatement et prit sa main. Il n’eut pas beaucoup à l’aider et fut même surpris qu’elle arrive autant à se débrouiller seule. Elle n’avait pas besoin de lui en fait.. mais il restait près d’elle au cas où. Elle rit et il se figea.
Ronan la fixa parfaitement immobile alors qu’elle riait justement d’un rire aussi pure que son visage enfantin, que ses grands yeux innocents qui avaient connu tant d’horreurs. C’était le genre de rire qui redonne le sourire à un dépressif, aussi efficace et attendrissant que celui d’un enfant, aussi clair et engagé que celui d’une femme sûre d’elle amusée, qui en venait à couvrir, cristallin le bruit de la pluie, celui des éclairs… ou alors c’était peut-être lui qui n’y faisait plus attention.
Il était là, telle une statue, la fixant la gorge nouée et le cœur battant la chamade, totalement perdu alors qu’elle lui parlait, qu’il n’était pas capable de dire un seul mot.

Il aurait voulu lui répondre qu’elle n’avait pas à le remercier, il le pensait sincèrement… qu’il n’avait fait qu’agir comme n’importe qui l’aurait dû, qu’il n’avait aucun mérite. Lui dire peut-être aussi que pour la joie, pas besoin de chercher plus loin avec ce sourire et son rire, elle attirait automatiquement les siens, l’émouvant en lui donnant envie de s’extasier autant qu’elle. Ca aussi il aurait eu envie de lui dire… Que justement, lui il adorait la pluie, c’était pour cette raison qu’il était allé à sa rencontre puis lui avait proposé d’en faire de même… parce qu’il adorait sentir les larmes du ciel, comme un lien direct avec celui-ci le rafraîchir et l’électriser, lui rappeler l’importance de l’eau, de la vie, de chaque petite joie dont il faut mesurer l’importance justement… Et ajouter que dans son naturel optimiste, parce qu’il avait appris à sourire et à vivre en voyant les bons côtés, il était tout à fait d’accord avec elle. L’homme était trop triste, trop aigri, il devait aimer chaque instant. Lui dire aussi à quel point elle était impressionnante avec cette joie de vivre… avec cette envie d’exister qui semblait irradier d’elle comme une aura colorée, de soleil et de bonheur.
Sauf que bien sûr il était un peu trop figé pour seulement commencer et un peu trop timide pour s’y essayer.
Il se contentait de la regarder… et c’était déjà beaucoup, du moins pour lui.

Il observait avec amusement sa façon de tourner doucement sur elle-même sous la pluie, de récupérer l’eau, de lisser ses cheveux. Elle se tourna vers lui et il rougit automatiquement. Euh… pourquoi elle le regardait comme ça. Qu’est ce qu’il avait ?
Enfin lui il s’était mis torse nu bien sûr et l’eau coulait tranquillement sur son corps… mais elle… ben euh, il s’attachait surtout à regarder son visage aussi parce qu’il sentait que sinon il allait encore dire une bêtise. L’eau avait tendance à rendre moulant les vêtements, elle était une femme et une belle jeune femme, fallait pas l’oublier quand même !!!!
Elle était heureuse sous la pluie… alors il était content de ne pas avoir hésité à l’inviter sous celle-ci. Même si elle aurait très bien pu le faire toute seule à voir déjà sa façon de remarcher. Elle boitait un peu moins, elle souriait beaucoup plus, elle utilisait davantage son bras droit, le plus marqué de coups.
Sauf que le regard qu’elle lui jetait et qu’il n’arrivait pas à interpréter changea. Elle fut rapidement devant lui et il se retrouva à baisser les yeux sur elle, surpris et perdu. Qu’avait-il…
Mais déjà elle l’avait contourné ! Oula… habile la demoiselle !
Il allait se retourner mais elle réapparaissait devant lui avec un sourire encore plus touchant que ceux qu’elle avait eu jusque là et… en tenant ses poignards. Surpris il porta la main à sa ceinture n’ayant même pas remarqué qu’elle les lui avait pris.
Et elle se mit à jouer avec. Ce qui acheva de le rendre bouche bée !
Parce qu’en plus elle savait utiliser des armes ?!!!!!
Wahou !
Amusé, il l’observa faire, regarda son sourire, son amusement et ses tentatives de combat contre un ennemi imaginaire. Il observait aussi en tant que guerrier. Et elle avait une très bonne posture, d’excellents réflexes et gestes… parfois un peu trop d’ouvertures mais rien qui ne s’améliorerait pas rapidement avec un peu de travail. Eh bien, cette jeune femme était vraiment pleine de surprise.

Toujours debout sous la pluie, il souriait en penchant légèrement la tête, la regardant faire, elle qui avait si vite repris l’envie de vivre, qui jouait, qui riait, qui souriait d’une telle façon qu’aucun humain, aucun muss n’aurait pu y rester insensible. Et lui eh bien… il restait là, immobile, silencieux et souriant. Elle se tourna vers lui l’air gênée…et l’ignora à nouveau pour changer de cible, s’occupant d’une espèce de lynx qui avait tenté de s’aventurer dans leur abri pour certainement s’emparer de la nourriture. Elle agit rapidement. Bon, il aurait pu certainement faire plus vite puisque lui n’était pas tout courbatu et blessé mais c’était pas mal du tout quand même !
La froideur dont elle fit preuve en tuant l’animal par contre lui fit hausser un sourcil alors qu’il s’avançait vers elle.
Ronan la vit se retourner vers lui, l’air chamboulée par ce qu’elle venait de faire, réellement inquiète de ce qu’il pouvait en penser et… et rien du tout, parce qu’il se mit à rire en prenant la main qui ne tenait pas les poignards.

- Calmez-vous Louka… ce n’est rien. De toute façon, j’aurais dû aller chasser, vous m’avez épargné cette peine… Je pense que vous avez agi ainsi parce que vous n’avez pas encore extériorisé réellement la colère de ce que vous avez subi… et je ne peux que comprendre votre désarroi. Ne vous en faites pas, ce n’est rien du tout. Je suis un guerrier, ce n’est pas un peu de sang qui va m’effrayer ou me dégoûter. Vous êtes rapide et habile, j’avoue que je n’imaginais pas que vous saviez vous servir de poignards de la sorte.

Il récupéra d’ailleurs ses armes et profita de la pluie pour les nettoyer les lui retendant avec un sourire d’autant plus adorable.

- S’ils vous plaisent, je vous les offre. J’ai appris à forger il y a un moment déjà, mais si mes armes sont tout à fait opérationnelles, je ne suis pas très original et elles se ressemblent un peu toutes… si ceux-ci vous plaisent je serais donc honoré si vous les acceptiez.


Il les lui remit dans les mains, comme si c’était sans appel avant de les lui enlever presque aussitôt et de les reposer à l’abri…. L’instant d’après, il reprenait sa main, l’air effectivement pas du tout dégoûté par son attitude. Il était parfaitement honnête, elle ne l’avait pas choqué et il était toujours admiratif, et n’allait certainement pas cesser de l’être, par toute son envie de vivre et de se relever… Et puis mentalement elle était plutôt costaud aussi parce qu’il avait l’impression de sentir ses muscles trembler sous l’effort qu’elle leur infligeait après tant d’immobilisme.
S’il l’avait attiré à nouveau sous la pluie, il s’arrêta pour lui faire face et lui sourit, ployant légèrement les genoux. Posant ses mains le plus doucement possible sur ses épaules, il entreprit de nettoyer ses nombreuses blessures, du moins celles qui n’étaient pas euh… mal placées ou… du moins qu’il pouvait effleurer sans trop trop rougir, finissant par se passer une main dans les cheveux pour écarter sa frange désordonnée qui lui tombait sur les yeux. Bon…. Ils n’allaient pas tarder à se mettre à l’abri avant d’attraper froid bien sûr mais là il essayait d’aider un maximum quand même. Après il lui proposerait de s’installer près du feu pendant qu’il découperait la bête tuée par la jeune femme et la ferait cuire… En espérant que ce ne serait pas trop mauvais... sa cuisine, pas la bestiole...

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Mer 15 Fév - 20:42


Non, je n'avais pas eu de réponse... pas de réponses bruyantes du moins.. Mais par sa manière de se tenir à coté de moi, de me regarder. Je savais qu'il n'était que d'accord avec moi Ronan.. Je le savais tout deux n'avions visiblement pas besoin de mots pour se comprendre sur le point que j'avais pu emettre. Cela faisait du bien aussi. Le silence. Aucune envie de le briser, juste de l'écouter flotter autour des oreilles de chacun. Juste le laisser circuler tant qu'il le peut, tant que même pas un minuscule bruit le tue.. Le silence, ce qu'il y avait de plus précieux sans doute sur cette terre. Je prenais le temps de respirer, savourant le bonheur que je ressentais à cet instant précis. Durant un petit moment, j'avais observé en coin Ronan.. Les cheveux trempés, des petites cernes sous les paupières.. rien ne changeait le fait qu'il restait un beau garçon.. Oui ses cheveux blonds miroitant même sous la pluie. Et ses yeux.. Ils semblaient contenir une flamme qui ne sortait de nulle part.. Son corps était celui d'un athléte... Et tout en lui semblait séduisant. J'eus un rire interieur. Voilà que maintenant, je m'amusais à craquer sur le physique des garçons. Je m'étais pourtant jurer de ne me faire ni d'amis, ni d'amants.. d'amour.. Par contre sans soucis pour les ennemis, ca, je savais faire !

Mais e nréalité, il était difficile de ne pas l'admirer. Il semblait si fort, surtout torse nu.. Et ses bras étaient tellement protecteur qu'on avait envie de se coller à lui malgré le temps, et l'état dans lequel on était. Je secouais la tête toute seule. Il fallait que j'arrête, j'étais vraiment stupide de pouvoir m'imaginer un seul instant que moi, Louka Joyce, je pouvais éprouver ce genre de sentiments. Oui, j'étais vraiment puérile. Moi qui croyait avoir prit en maturité, j'affirmais pourtant dans ma tête tout le contraire ! J'avais pu remarquer la surprise de Ronan lorsqu'il ne comprit pas pourquoi je me rapprochais ainsi de lui. Je pouvais avouer que l'extrait de son odeur qui avait atteint mes narines m'avait particulièrement plut mais heureusement, je m'étais éloignée bien vite pour m'en rendre compte tout de suite. D'ailleurs j'étais bien contente de ne pas avoir réaliser sur le coup, je serais sans doute restée scotchée, sans bouger d'un poil, ne sachant comment réagir. Oui, je pouvais être fière de moi que de n'avoir penser qu'aux poignards et à rien d'autre !

D'ailleurs ,je ne vis pas l'amusement sur le visage de Ronan pendant que je jouais à me retrouvais avec les poignards qui n'étaient d'ailleurs pas à moi. C'est vrai que ca devait paraitre ridicule mais après tout, les poignards, c'était ce qui m'avait toujours permi de m'en sortir, de m'enfuir de situation compliqué, c'était la seule arme que j'avais réellement appris à manier si ce n'était les poings.. Non, les sabres, les flingues.. c'était impossible, je n'avais jamais reussi à être attirée par ce genre de trucs en fait. Non, j'avais toujours adoré ce qui touchait directement le corps humain alors que je le tenais dans ma main. C'était facile de tuer avec un flingue, mais ce n'était pas assumer ses actes.. La balle, ce n'est pas nous qui la lançons, c'est le mécanisme de l'arme.. Alors qu'une lame est directement dirigée par nos mains, notre corps.. Par notre conscience. C'était une marque de respect envers la personne que l'ont tue même si l'acte était.. Animal.. Je m'étais faite à cette idée en comprenant que chaque vie que je prenais me hanterait sans doute à vie.. Mais il y avait des moments où aucune autres solutions n'existaient, malheureusement.

Bref, j'avais été choquée de mon acte, non pas parce que je l'avais fait avec un sang froid sans failles mais parce que.. l'image que ca donnait de moi était mauvaise.. Pour la première fois de ma vie, je m'inquietais pour l'image que je renvoyais de moi.. Oui, oui, il avait raison, cet acte était à cause de colère.. Mais pas que de celle des dernieres semaines, pas du tout, à cause de la colère que j'avais toujours eu au fond de moi, depuis le jour où.. j'avais du fuir de ma propre maison. C'était cette colère qui m'avait appris à réagir de cette manière.. barbare pour une femme et sans aucun doute que la rage que j'avais des dernières semaines insistait largement sur ce comportement.. J'ai pensé d'abord à ne pas répondre à sa reflexion.. Mais après tout, Ronan avait été honnête avec moi, c'était à mon tour non ?

<<- Euh... En fait non, j'ai agi comme ça parce que je suis pas très douce en réalité.. j'espère ne pas vous décevoir ainsi.. C'est juste que ca craint de faire ça là, comme ça..Enfin.. >>

Puis je fronçais les sourcils, presque choquée de ce qu'il venait de me dire.

<<- Hé ! mais c'est pas parce que je suis petite et maigrichonne que j'ai pas appris à me battre.. On est dans un monde de dingue, j'vais pas faire la minette qui attends d'être protegée par un grand et bel homme pile lorsque je serais dans des ennuis.. Les contes de fées c'est pas mon truc hein ! >>

J'avais un sourire désabusé mais j'étais sérieuse tout de même.. Certes, je ne voulais pas paraitre vexée mais fallait pas s'attendre à ce que je dise : oui oui, c'est vrai que c'est étonnant. J'avais appris à me battre déjà dans mon ancien clan, les ashtarus.. pour tuer les gens de ma race puis j'avais découvert ce que j'étais et j'avais du lutter longtemps pour rester en vie. Non, je n'avais pas de garde de corps, ou autre truc de ce genre.. Au fond de moi, j'étais un peu déçu de donner cette impression là J'en avais d'ailleurs froncer les sourcils. Ah oui, ca quand j'étais frustrée, ca se voyait automatiquement !

Je ne dis rien lorsque Ronan récupera ses poignards, il fallait dire, vu ce que je faisais avec, il avait le droit de récupérer ses biens quand même ! Mais ses paroles et ses actes qui suivirent me choquèrent totalement. J'avais arreter de froncer les sourcils pour les hausser directement par la suite. JE n'eus pas le choix que de fermer les mains sur les poignards mais comment réagir.. Je n'arrivais pas à sortir un seul mot, sinon, je savais que je balbutierais. Alors non, je n'avais pas répondu automatiquement. Oui, c'était un beau cadeau, un merveilleux d'ailleurs. Si au niveau monétaire on ne pouvait pas dire que cela coûtait cher mais l'acte.. Il était clair que je m'en souviendrais pendant bien longtemps ! Je compris rapidement pourquoi il reprit rapidement les poignards, afin de les mettre à l'abri. Logique, personnellement, je ne voulais pas les retrouver rouiller, alors qu'on venait de me les offrir.

Lorsque le garçon me prit la main, je restée bouche bée, à ne pas savoir comment réagir ni quoi dire.. Il me perturbait incroyablement ! Mais encore une fois, je ne disais rien.. Il entreprit alors le fait de nettoyer mes blessures de surface. Le contact qu'il créait avec ses mains me donnaient des frissons.. Bien sur, cela pouvait passer pour le compte de la pluie qui commençait à me rendre tremblante. Mais en vérité, c'était bel et bien lui qui m'intimidait par son acte. Je n'osais pas bouger, ni parler.. Je regardais le sol. Lorsqu'il enleva ses mains, je ne savais quoi dire. Je m'étais baissée doucement, récupérant le diner qui était bien évidement étalée de manière très peu classe par terre. Je le pris par.. la peau du cou et décider de rentrer à l'abri.

<<- Venez, je ne suis pas très douée en médecine, alors ca me gênerait vraiment que vous tombiez malade entre de si mauvaises mains.. >>

Je lui souris comme si je n'avais rien ressenti quand à son contact lorsqu'il avait nettoyer mes blessures.. être comme d'habitude. Froide, comme si rien ne me touchait. C'était difficile, mais possible. Je soupirais discrètement pour ne pas montrer l'agacement que je ressentais de moi même.
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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Mer 15 Fév - 22:03

C'était pas une bonne idée, non ce n'était pas du tout une bonne idée !!! Il était vraiment surpris que l'eau ne se mette pas à bouillir au contact de ses joues, vraiment surpris !
Parce qu'il était vraiment vraiment vraiment très rouge !!!! Heureusement pour lui qu'elle ne levait pas les yeux, sinon il aurait certainement eu un malaise ! Rah mais quelle idée aussi ! D'accord il avait envie d'être cordial et... et puis cette jeune femme était vraiment attendrissante par toute sa manière d'être et aussi le fait qu'il ait envie de prendre soin d'elle, surtout alors qu'elle était blessée, encore tellement blessée. Normal, toutes ces séquelles n'allaient pas disparaître comme ça, psscchhiit magie magie plus rien du tout ! Alors oui il avait beaucoup d'excuses pour agir ainsi mais ça ne l'empêchait pas pour autant d'être cramoisi. Là ce n'était pas les tomates qu'il battait à la course, mais carrément les betteraves !
Arrrgggghhh il fallait qu'il respire calmement !!!
Oui, il l'avait entraîné avec lui à nouveau sous la pluie, agissant avec le plus de douceur possible pour ne pas l'effrayer, pour ne pas la blesser. Il se doutait que sa taille, que sa carrure pouvait être effrayante et pour la première fois de sa vie, il en vint à le regretter. Son but n'était pas de l'effrayer, bien au contraire...Alors oui, là, il essayait de nettoyer ses blessures, de manière très superficielle c'est vrai, parce qu'il la frôlait à peine et que c'était déjà énorme !!!!!!
D'ailleurs il était tout à fait incapable de faire plus que de s'occuper de ses bras, ses épaules et le haut de son dos. Ce n'était pas que le faible éclairage le gêne... Avec ses gènes de félin, il voyait dans la nuit plutôt bien mais c'est juste qu'il était déjà assez dans tous ses états comme ça.

Elle pensait être la seule perturbée ? Ca aurait été parfaitement équilibré... Parce que lui songeait être le seul dans ce cas-ci.
Déjà il était très rouge, ensuite, c'est vrai qu'il avait associé ses tremblements légers à la pluie qui s'était rafraichie. Ce qui n'arrangeait rien soi-dit en passant parce que du coup, il avait envie de la serrer contre lui, comme un peu plus tôt lorsqu'il avait cherché à la réconforter ou lorsqu'il l'avait portée. Et que ça aurait pu être mal perçu... très mal perçu. Pour lui, cette jeune femme était juste... eh bien admirable. Malgré tout ce qu'elle avait vécu, elle souriait, s'extasiait devant la pluie et soudain il se trouvait beaucoup moins idiot à apprécier autant celle-ci... Il ne manquerait plus qu'elle soit aussi intrépide et farouche qu'il avait cru le percevoir dans son regard et il pourrait vraiment s'entendre merveilleusement bien avec elle. A condition d'être capable de parler à peu près correctement, sans sortir d'un quelconque sujet parce que celui-ci le mettrait mal à l'aise ou quelque chose du genre, essayer de ne pas rougir comme un phare éclairant une nuit de tempête et d'avoir l'air aussi maladroit qu'un éléphant dans un poulailler. C'était pas gagné d'avance quoi --'.

Beaucoup de choses l'avait surpris chez cette fille.
Déjà elle avait un prénom adorable... Ensuite elle avait un regard magnifique, un visage enfantin emprunt de douceur et d'innocence... ce qu'il avait beaucoup de mal à saisir mais qui le laissait surpris et ému et un sourire... à tomber par terre !
Des sourires il en avait vu, sans même se rendre compte que souvent, il en était la cause. Parce que justement il était un beau garçon, que les filles lui souriaient... Il n'en avait pas vraiment conscience, pour ne pas dire pas du tout, mais il avait vu beaucoup de sourires, des gentils, des méchants, des cruels, des sadiques, des superbes... mais elle surplombait et de loin les plus extraordinaires. Etait-ce à cause de ses belles dents blanches droites, aussi adorable que son physique bien en deça de la moyenne ? Ou parce qu'il rayonnait de sincérité ? Il n'y avait rien de faux dedans, absolument rien et c'était ça le beau dans l'histoire.
Il avait ri de son comportement, s'était amusé de son comportement tour à tour enfantin et adulte. Elle était tellement vraie qu'il ne pouvait s'empêcher d'en avoir le coeur réchauffé. Parce qu'il était sincèrement honnête et nature avec ceux qui l'entouraient, qu'il avait vu bien des mensonges et manipulations, il savait reconnaître un comportement authentique, une joie non feinte, et c'était un cadeau magnifique.

Ce n'était pour rien qu'il l'avait regardé, parfaitement immobile, jouer avec ses poignards, s'extasier devant leur éclats et devant ces gestes qu'elle maîtrisait, qu'elle n'avait pas oublié. D'ailleurs par rapport à la suite, il fut un peu surpris. Non pas par son comportement, mais par sa phrase. Elle craignait qu'il la juge mal à cause de ça ? Vraiment ?
Alors qu'il ne la trouvait que plus humaine et moins... moins comme une espèce de rêve qu'il ferait il ne savait trop où pris d'une inspiration qui valait toutes les découvertes ?
Qu'elle lui dise qu'elle n'était pas une enfant de choeur provoqua deux réactions bien distinctes chez lui. D'abord il la crut sans problème... parce qu'il avait su, dès le premier regard qu'il n'avait pas affaire à une simple jeune fille sans défense... parce qu'il avait vu très vite comme un feu follet s'agiter en elle alors qu'elle recommençait à vivre. Cette fille savait se débrouiller seule, il n'en avait pas le moindre doute, même si elle n'avait pas eu de chance avec ses bourreaux, même si ça ne changeait rien à son envie présente de la protéger. Et en même temps, ça lui causa une profonde tristesse qu'il ne comprit pas. Son instinct d'animal était constamment en éveil, il ne pouvait pas s'en empêcher. Il captait souvent des choses, des sentiments qu'il n'était pas à même de comprendre, d'analyser correctement. Mais il s'était senti triste... du constat qu'elle faisait d'elle, comme si en un sens, elle s'en voulait un peu d'être comme ça, du moins devant lui. Et surtout il se sentait triste pour autre chose, qu'il ne comprenait pas... Comme s'il en voulait à la personne qui l'avait poussé à devoir vivre seule, apprendre à se battre, à se débrouiller, la personne qui n'avait pas été là pour la protéger de ces monstres. Il n'y comprenait rien, mais ça lui nouait l'estomac.

Par contre, elle avait vraiment une manière... honnête de s'exprimer et elle le fit avec tellement de vivacité dans son indignation, que le petit sourire qu'il lui avait fait pour lui dire que ce n'était rien, encore perturbé par sa propre pointe de tristesse disparut... au profit d'un éclat de rire. Wahou ! Eh bien dis donc ! Elle savait sortir les griffes la demoiselle ! C'était si honnête, si vrai et si adorable en même temps et surtout sa mine boudeuse qui la faisait passer vraiment pour une enfant dans un corps d'adulte (parce que décidément, ce n'était pas un corps d'enfant qu'elle avait !!!!) qu'il ne pouvait s'empêcher de rire. Il s'arrêta de justesse avant qu'elle ne le prenne mal et se frotta les yeux.

- Ouh... pardon. Vraiment navré ! Mais vous avez vraiment... Ah vous êtes impressionnante Louka ! Quelle vivacité ! C'est vraiment... vraiment impressionnant ! Je suis désolé si je vous ai blessé, ce n'était pas mon intention. Et j'avoue m'être mal exprimé. Je ne méjugeais pas votre autonomie et le fait que vous savez vous battre, bien au contraire, j'en suis admiratif. Justement, je n'avais jamais encore vu une jeune femme aussi habile avec de telles armes. D'aucuns vous diraient certainement que c'est normal par rapport à leur rôle de cuisinière, et je me réserver le droit de leur taper dessus, mais vous vous débrouillez réellement très bien ! Bien mieux que beaucoup de garçons de ma connaissance. Que vous sachiez vous battre est une chose, que vous fassiez preuve d'autant d'habileté et d'assurance en est une autre. Pardon encore si mes paroles vous ont heurtée.

La vache ! Il avait réussi à dire tout ça sans trembler, sans devenir tout rouge et sans balbutier comme un gamin fluet devant un ours affamé ?!!! Elle avait une façon magique de le faire rire ou quoi ? En tous les cas, il était prodigieusement détendu après ça. Encore amusé et incapable de se départir de son sourire en coin il la regardait toujours. C'était vrai, il n'avait pas voulu être vexant. Qu'elle ait connu quelques rudiments brouillons de combat rapproché, soit... mais il avait vu sa manière de faire tourner les couteaux entre ses mains après en avoir testé le tranchant, elle était même certainement capable de jongler avec. Ce n'était pas une simple arme pour elle, elle en avait fait le prolongement de son bras, savait certainement s'en servir comme on sait se servir de sa main... et c'était en ça qu'il était impressionné. Parce qu'il connaissait l'art du combat, savait le plaisir qu'on éprouve lorsqu'une arme perd son appellation d'arme justement pour devenir une part de soi dans ses gestes. C'était en ça qu'il avait eu l'impression de la voir exécuter une danse un peu plus tôt très réduite puisqu'elle était amoindrie dans ses mouvements mais déjà magnifique.
Il avait pas le droit d'être retourné et admiratif?!!! Nan mais oh !

Bref, il y avait eu quelques échanges de sourires, encore quelques excuses de sa part et il avait espéré qu'elle le croit, parce qu'il avait dit vrai... et qu'elle devait le sentir dans un sens. Et il l'avait entraîné à nouveau sous la pluie avec lui et là ben il continuait de tenter de nettoyer ses blessures en la remerciant mentalement de ne pas lever les yeux. Il avait eu pas mal de surprises déjà mais il n'était pas au bout de ses peines. Comment malgré tous les coups qu'elle avait reçus, pouvait-elle avoir la peau aussi douce hein ? Parce que même s'il ne faisait que l'effleurer, il en avait parfaitement conscience, essayant de ne pas la blesser avec ses grandes mains aussi... Quand il les avait posé sur ses épaules, il avait été à la fois surpris par leur finesse, aucun doute effectivement que c'était une mince jeune femme en temps normal, et à la fois par cette espèce de force qu'il en ressentait. Comme si elle portait quelque chose de très lourd sur ses minces épaules... minces mais solides. Et malgré son amaigrissement, il avait senti ses muscles aussi, sur ses bras. Elle était une jeune femme, mince, mais effectivement, elle devait savoir se débrouiller seule. Et quelque part ça lui faisait quelque chose. Mais quoi, difficile à dire.
S'il s'arrêta, c'est parce qu'il ne pouvait pas aller "plus loin" et ce n'était pas parce qu'il avait peur de lui porter préjudice (enfin si un peu bien sûr) mais surtout parce que là ça faisait un peu trop T_T. Et il espérait ne pas l'avoir effrayée par son geste, qu'elle n'ait pas cru qu'il allait... avoir une attitude répréhensible quelle qu'elle soit, parce qu'elle ne semblait plus vouloir le regarder. Mais vu sa couleur c'était ptêt pas plus mal --'

Elle l'entraîna à l'abri et il la suivit sans un mot, un peu inquiet d'avoir mal agi. Flûte, lui qui avait voulu être gentil et qui avait frôlé l’asphyxie... Ben oui à force de faire autant attention à ses gestes et à la pression qu'il y mettait, il en avait oublié de respirer lui, il s'était en apnée, ce qui n'allait rien arranger au mal de crâne qui pointait le bout de son nez ! T_T
Ah en fait, elle avait l'air... de n'en avoir strictement rien à faire. Bon ben ça le rassurait un peu au moins. Attrapant un autre couteau attaché à sa ceinture, puisqu'il lui avait donné réellement les deux poignards qui lui plaisaient, geste très naturel pour lui, il se mit à découper la bestiole. Il ne lui avait pas dit de se rapprocher du feu, après tout, elle faisait ce qu'elle voulait, c'était une grande fille, mais il lui déposa tout de même auparavant une large pièce de tissu sur les épaules pour la réchauffer et l'essuyer un peu... mais il ne l'avait pas retouchée pour autant. Pourtant sa remarque lui avait tiré un sourire. Tomber malade hein ? Elle avait vu dans quel état elle était ? Amaigrie, affaiblie et toute blessée de partout et elle s'inquiétait pour sa santé à lui... ? Eh ben franchement... c'était pas normal ça comme situation.
Rapidement il découpa deux importants quartiers de viande qu'il s'affaira à faire cuire. Pas difficile de deviner qu'il en avait l'habitude (étant donné que c'était à peu près la seule chose qu'il parvenait à faire sans mettre le feu, faire tout cramer, rendre insipide ou autre). Il n'hésitait pas du tout à rester très près du feu d'ailleurs, à tel point que sa peau bronzée devait en paraître orangée à force. Il commençait à sécher de ce fait, même si ses cheveux humides continuaient de goutter pas mal.
Quand ce fut prêt, il vint s'asseoir près d'elle mais pas trop, ne voulant pas la déranger et lui tendit la pique épaisse de bois sur laquelle il avait mis la viande, histoire de ne pas se brûler les doigts.

- Vous devez être affamée... Je suis désolé, j'ai manqué à tous mes devoirs, j'aurais dû commencer par cela.

Il avait dit ça très piteusement en se rendant compte qu'effectivement, c'était par ce point qu'il aurait dû commencer. Gêné, il se plongea dans la contemplation du feu, mangeant en silence pour sa part, silencieux.

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Jeu 16 Fév - 13:52


Ce gars était dingue.. Rarement on me regardait comme lui le faisait.. Il avait quelque chose de particulier, un respect si grand pour la piètre personne que j'étais. Je regardais le sol maintenant. C'était incroyable, l'effet que ca me faisait. D'un coté je me sentais renaitre ,je me sentais comme quelqu'un de.. de forte, quelqu'un en qui l'on pouvait croire, c'était certain et d'un autre.. J'étais quelque peu abasourdie, et je me m'y à penser que ce garçon était bien naïf. Mais il était beau, d'une magnificence encore trop forte pour que je ne lui pardonne pas ce léger défaut. Ah, il fallait que j'arrête de le regarder, ce n'était pas bien du tout. Tout se bousculer dans ma tête sans que je ne puisse rien faire.. Sans mes pensées soient controlées. Ce fut son rire qui déclencha chez moi quelque chose qui n'était encore jamais apparut. L'amusement par un autre alors que j'étais en pleine frustration. Il n' y avait pas à dire. S'il me croyait extraordinaire, on pouvait dire que lui non plus n'échappait pas au qualificatif.

J'eus un sourire après le rire de celui ci.. Il en devenait vraiment intimidant.. Par ses discours, ses actes, ses réactions.. pleine d'humanité.. Et l'humanité, croyez moi, cela manquait de nos jours.. C'était à peine si on en connaissait la notion. Je ne savais pas comment c'était il y a 50, mais j'aurais aimé voir.. Quoi que, peut être que c'était pire même s'il devait y avoir un minimum de solidarité.. Aujourd'hui, lorsque quelqu'un tombe devant vous, qui n'a jamais le reflexe de sortir ses armes et d'avoir une méfiance méconnaissable, à se demander si le mot méfiance correspondait vraiment au comportement que l'on pouvait tenir. Oui... Lui était plein d'humanité, cette qualité tant recherchée, du moins, que je recherchais personellement. J'avais envie de l'examiner de plus prêt, de le tester.. J'avais envie de voir comment il réagirait.. Dans n'importe que le cas. Mais bon, ce n'était sans doute pas le bon moment. Ah quel mystère.. Je remerciais le destin de l'avoir fait croiser ma route, au bon ou mauvais moment, je m'en contre fichais. Je le remerciais, c'était comme ca.

Oui, réellement, le garçon me faisait peur. Etait ce un jeu qu'il s'amuser à commencer ?? Je veux dire, par des belles paroles, était ce un très bon comédien ou était il comme ça naturellement ? Bon dans tout les cas, ce n'était pas un humain et cela me rassurait. Un muss ? Non, quand même pas où ses copains seraient déjà là.. Non, il avait l'air totalement honnête et sa peur.. principale que j'avais pu voir m'avait bien montrer que j'avais affaire à quelqu'un de.. Ben de pratiquement parfait en fait. S'en était déprimant à force. Rha, et puis, il ne fallait pas que je recommence à être méfiante. Enfin... si ! enfin non.. AHHHH je frolais l'explosion là.. vraiment. Ce qui était le plus difficile en fait dans la vie, c'était de controler celle ci selon ses besoins et ses envies.. Mais quand on e sait plus ce qu'est l'envie ou le besoin, on ne sait plus ce qu'est la vie.. et là, c'est le néant total. Difficile, tout cela était vraiment compliqué..

<<- Euh..? Je crois pas être la plus surprenante là, tout de suite, maintenant.. Non pas que je compte faire votre éloge et mon blâme mais.. j'ai rarement rencontré une personne de votre genre à ne voir que le positif d'une personne, s'en est presque effrayant hein. >>

Paradoxale ? Louka ? Non, du tout, à peine ! En fait si.. Quelque secondes avant, je m'étais frustrée, par habitude et après c'était limite si je ne savourais pas les compliments que Ronan me faisait. Ben ouai mais voilà, l'habitude et le manque de celle ci faisant.. Il est extrémement difficile de s'en sortir ! Quand Ronan eut fini de panser mes blessures, j'en fus heureuse, même si le contact avait été plus qu'appréciable, je commençais réellement à être fatiguée et à trembloter. Nous n'avions pas pris le temps de rentrer, au final à l'abris, nous étions tout de suite plus contents ! Je remerciais Ronan de m'avoir mis une espèce de couverture, et c'était incroyablement agréable. Je me rapprochais aussi du feu pendant que le garçon jouait au cuisinier.. La chaleur, qu'est ce que ca avait pu me manquer.. Que ce soit dans le corps ou dans le coeur.. Les deux étaient tout à fait plaisant ! Je me mis à un moment à essorer mes cheveux.. Ils étaient bien trop long, peut être qu'un jour, je me déciderais à les couper.. M'enfin, ça, c'était un appel au courage ! Je soupirais de plaisir.. En plus, l'odeur de la viande commençait à se faire sentir. Ce fut à ce moment précis que je me mis à réaliser que j'avais franchement faim. Enormement même. Je m'en léchais les babines d'avance!

Lorsque cela fut prêt et que Ronan me tendit le morceau de viande sur un baton de bois, je le remerciais grandement. Je n'osais même pas y toucher tellement ca me paraissait iréel. Là ou j'avais été séquestré, je n'avais pas eu droit à la chaleur de la nourriture, ni d'ailleurs à la qualité de celle ci.. Des fois à des espèce de patés, mais souvent, je m'étais empêchée de manger craignant le fait qu'il ait mis une drogue pouvant faire quelque chose sur mon corps que je n'aurais sans doute pas souhaiter du tout. Je rigolais lorsque Ronan parla.

<<- Arretez donc de croire que vous faites tout mal.. Au contraire, juste comme ca, en passant, vous m'avez sorti d'une bonne galère, je ne vois pas en quoi je me plaindrais de ce que vous m'offrez encore à ce moment précis. Je vous en suit reconnaissante. >>
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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Jeu 16 Fév - 17:12

HS : 50 ? 50 ans ? Ca fait vachement court non ? Elle date de quand cette demi fin du monde ? Parce que si y a des ruines partout, ça fait forcément plus de 50 ans, des mutations génétiques peuvent mettre des centaines d'années (dans le meilleur des cas) pour devenir viables, non ?

Il aurait dû avoir honte... Terriblement honte.
Pour sa défense... il avait honte. Sans doute pas autant qu'il l'aurait dû, mais il avait vraiment honte. Ca ne se faisait pas d'observer ainsi une jeune femme. Surtout lorsque celle-ci venait tout juste de sortir d'un enfer vivant bien plus terrible et monstrueux que tout ce qui a jamais été pensé ou imaginé !!!! Mais nom de...
Elle avait été séquestrée par des sales types qui savaient apparemment qu'ils avaient affaire à une Sin et plus encore, quel était son don... dangereux mais facilement maîtrisable... enfin façon de parler. Des sales types qui avaient voulu lui arracher des aveux sans doute... qu'elle n'avait probablement pas dit. Sinon, elle l'aurait mentionné, d'une façon ou d'une autre, il en était certain. Quoi qu'ils lui aient demandé, elle n'avait dû trahir personne et à en juger par la personnalité qu'il découvrait, c'était un point non discutable.
Mais bref, même si elle n'avait pas pu voir ses agresseurs, elle avait bien été contrainte d'en subir la violence, les manières... horribles et... et les abus qu'ils avaient pu commettre.
Cette pensée tira un grognement à Ronan... Qu'il étouffa comme il put. Comme il regrettait de ne pas leur avoir fait vraiment regretter leur geste. Il n'était pas d'une nature sadique, loin de là, mais pour la première fois, il se découvrait une envie irrépressible de faire du mal, beaucoup de mal. Il aurait voulu les faire souffrir ! Parce qu'ils l'avaient fait souffrir ! Et que ça l'atteignait !!!! Même si c'était bizarre et insensé !

Et lui il la regardait tout le temps ! Il aurait dû détourner le regard... Arrêter parce qu'elle pouvait mal interpréter la façon dont il la regardait, elle pourrait finir par croire qu'il avait une idée derrière la tête, une horrible idée.
Bon, bien sûr, ce n'était pas du tout le cas, il avait déjà bien assez de mal à lui parler sans rougir alors avoir des idées déplacées et surtout souhaiter les mettre à exécution... c'était pas demain la veille. Mais le respect et une certaine distance respectable à mettre entre eux aurait demandé à ce qu'il cesse... de la regarder ainsi.
Sauf qu'il en était un peu incapable.
Des gens méchants, des gens aigris, sadiques, il en avait vu des tas...
Des jeunes femmes fortes, capables de se relever de coups aussi durs, de vivre, de sourire à la vie de cette manière, d'exister dans chaque petit geste.... jamais.
Elle l'étonnait sans doute autant qu'elle l'intriguait. Alors non, il ne pouvait pas s'empêcher de la regarder, pas du tout comme s'il étudiait une expérience scientifique quelconque, plutôt simplement... comme on regarde quelqu'un qu'on apprécie faire quelque chose. C'était normal non ?
Il n'y avait plus qu'à souhaiter qu'elle ne le prenne pas mal.
Alors qu'il avait parlé très simplement, s'excusant tout en disant ce qu'il pensait d'elle (et sans bafouiller hein ^^' si c'était pas beau ça !!!), ce n'était pas qu'il voulait la gêner, loin de là, il était honnête, une fois de plus, elle se mit à le complimenter à son tour. Heureusement qu'elle en dit peu... parce que le pauvre

- Je ne... je ne voulais pas vous effrayer... d... désolé.

Et voilà, retour du balbutiement, c'était inévitable de toute façon.
Aie! Ben voilà, il savait bien qu'il aurait dû arrêter de la regarder ! Il lui avait fait peur --' !!!!
Il se contenta de lui lancer un sourire qui se voulait rassurant par la suite et put arrêter de la regarder justement parce qu'il s'occupait de découper d'importants morceaux de viande. Oui, elle devait être affamée. Elle n'était pas bien épaisse la demoiselle et ça lui faisait même mal au coeur. Mais avec ça, ça irait rapidement mieux.
Quand ce fut prêt et qu'il lui tendit sa part, venant s'asseoir près d'elle, il fut surpris qu'elle n'y touche pas sur le coup. Ouuuuuppppssssss !!!! Etait-elle végétarienne ?!!!!! La gaffe monumentale !!! Aie aie aie ! Il était bon pour retourner sous la pluie afin de cacher sa gène là ! Mais... ah ben non, ce n'était pas ça apparemment.
Hésitant un instant, le jeune homme passa un bras sur les épaules de la jeune femme, même si ça l'obligeait à courber un peu le dos, tant pis. C'était plus pour la rassurer qu'autre chose, néanmoins, il l'enleva assez vite et bravant sa timidité et faisant comme s'il n'avait pas conscience d'être cramoisi, il lui fit gentiment tourner le visage vers lui et lui resourit.

-Eyh... c'est terminé d'accord ? Terminé... Arrêtez de vous poser des questions et surtout cessez de penser à ce qu'ils ont pu faire et dire... Vous êtes en sécurité à présent et il va falloir manger pas mal si on veut avoir la chance de vous remplumer un peu.

Ah ouf... quand il partait sur la plaisanterie il rougissait moins,c 'était déjà ça. Mais il s'inquiétait réellement. Il fallait qu'elle reprenne des forces... Elle ne pourrait jamais oublier sans doute, ce n'était pas le genre de chose qu'on peut oublier, mais elle devait cesser d'y penser pour l'heure et il allait y veiller, quitte à passer son temps à la distraire... Surtout si c'était pour la voir sourire comme elle l'avait fait une seconde plus tôt.
Ah bon il se critiquait ? Eh bien elle allait voir ce qu'elle allait voir. Il arbora sans prévenir une mine boudeuse de petit garçon et parvint même à rendre sa voix un peu plus aigue. Ce qui étant donné son timbre n'était pas gagné d'avance.

- Tsss, je dis que je fais tout mal si jveux d'abord !!! Et puis si ! Je manque à tous mes devoirs ! Normalement, si je faisais bien les choses, j'aurais dû vous nourrir de force dès le départ ! quitte à faire du gavage ! Puis à vous forcer à dormir, pas à aller faire une danse de la pluie... Mais je ne fais jamais bien les choses, ni dans l'ordre, ni correctement que ce soit un bien ou pas alors... tant pis ! Mais au moins je le sais ^^'


Il cessa d'user de cette mine de gamin et se refit sérieux, baissant les yeux alors que la seconde d'avant il faisait tout justement pour la regarder sourire, et surtout surtout... pour voir ses yeux sourire aussi. Ceux-ci ne devaient pas contenir de peine, mais que de la joie... il aimait cette joie toute simple et innocente qui s'y reflétait parfois, par éclat ou par transparence, elle devait rester plus longtemps...
La mine assombrie donc, il fixait le morceau de viande qu'il tenait, parcourut d'une espèce de frisson désagréable. Son ton n'avait plus rien d'amusé.

- Vous n'avez pas à m'être reconnaissante de quoi que ce soit Louka et surtout je ne veux pas que vous pensiez me devoir quelque chose. J'ai agi comme n'importe qui aurait dû agir à ma place. Mais les hommes sont devenus si égoïstes, si cruels... Ce monde est injuste, surtout avec les femmes. Je regrette que vous n'ayez pas été sauvée plus tôt, qu'il n'ait pas été possible d'écourter vos souffrances... mais dans un sens très égoïste, je suis content de vous avoir rencontrée... Ca veut dire que je suis content que personne ne soit intervenu avant ? C'est horrible de penser ainsi... Alors vous voyez, je suis aussi égoïste que tous ces hommes et aussi peu respectables de ce fait que chacun d'eux.

Il se remit à sourire après avoir lancé un "mais passons" accompagné d'un grand sourire. Mordant en silence pendant quelques minutes dans son repas, mangeant en silence.
Il ne put s'empêcher de retourner très vite un regard pétillant d'amusement (bien que rougissant à nouveau pour changer...) vers la jeune femme.

- Pour vous faire dormir, j'espère que vous ne me demanderez pas de vous chanter une berceuse hein ! Je dois être aussi mauvais musicien que cuisinier, c'est pour dire !

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Ven 17 Fév - 13:41


Non sérieux ? Il se croyait vraiment effrayant. A mon tour, je me mis à rire.. Il prenait tout à la lettre ce jeune garçon. Et cela était réellement amusant. Il n'y avait pas à dire.. Cette fois, mon rire semblait cristallin. Rigolant, je finis par arreter, ayant peur de le vexer. Ah non il fallait que j'évite, déjà qu'il bafouiller le pauvre.. Même si c'était adorable et tellement chou ! Enfin, je m'en rendais bien compte, je le gênais. Rha qu'est ce que je pouvais être nouille aussi avec ma franchise sans faire attention aux mots que je prenais.. M'arretant même de sourire, je lui répondit.

<<- Ah non, mais c'était pas méchant... Vous ne me faites pas peur... Enfin, ben non >>

Ok, dialogue de sourd ? A peine ! Les deux ne se comprenaient pas où interpreter mal les choses, mais au moins, c'était pas conflictuel non plus, et tant mieux. En tout cas, il semblait que Ronan appréciait m'observer. Je voyais une petite pointe d'inquiétude dans ses yeux, tandis que je regardais le morceaux de viande avec intêret. Que croyait il ? Que je n'aimais pas la viande ?! Alors là, je n'esperais pas et dans l'hypothèse ou c'était cela, je mangeais un gros morceaux de viande.. Bon, certes, je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi chaud.. Mais je m'en fichais.. Rien que la sensation de macher me rendait heureuse, c'était étrange non ? J'eus du mal d'ailleurs à avaler mon morceaux, je crus encore plus m'éttoufer lorsque Ronan passa son bras sur mes épaules.. Non pas que c'étais désagréable, mais que c'était réellement gênant. Je fis tomber mes cheveux devant ma figure alors que je devenais rouge. Jamais je ne rougissais, c'était totalement anormal ! Et je n'eus même pas le temps d'attendre d'avoir un peu moins chaud aux joues que Ronan me fit tourner la tête. Nous étions plutôt proches, il fallait le préciser. Il me parla de manière qui me fit chaud au coeur.. Il était.. vraiment bondé de bons sentiments ! Alors pour lui montrer que je souhaitais bien reprendre une seconde bouchée de mon morceau de viande. Je froncais les sourcils et croqua un énorme morceaux.. Tout en sachant que c'était super chaud. Je me mis à faire des gestes étranges du genre à secouer la main dans l'air.. C'était pas joli joli.

Mais une fois de plus, je manquais de cracher alors que je vis la mine de Ronan. J'eus un rire essayant de ne pas rejeter la nourriture de ma bouche. Ah, c'était trop mignon.. AHHH et il fallait que j'arrête de penser qu'à regarder ces mimiques et ces machins ou j'allais vraiment finir par devenir accro à tout cela !

<<- Rho faut pas être aussi négatif ! Vous voulez que je vous dise que ce que c'est de mal faire les choses ? C'est de laisser les gens où ils sont, et de ne pas bouger. Alors oui, je me permet de vous dire vieux boudeur que il ne faut pas dire que vous faites tout mal, c'est faux, totalement faux, et ne me répondez pas le contraire, ou sinon je me met en colère... >>

Je lui fit un sourire.. Bien sur tout cela était dit sur le ton de la rigolade rien de réel.. Même si je le pensais, il avait tout bien fait à mon sens. Et que cela lui plaise ou non, je lui répéterais.. J'avais décidé de faire comme ca.. Après tout, lui me soignait, je faisais de même à ma manière. En soignant son estime, en lui apprenant à se voir d'une façon meilleure. Bien entendu, je ne me gênais pas.. Il avait fait le choix de me sortir de l'enfer sans me demander mon avis, même si bien évidement, je n'aurais jamais dit non, et bien qu'il en soit conscient ou inconscient, je le sortirais de son optique : je suis le vilain petit canard ! Je l'écoutais avec attention. Encore une fois, il arrivait à se dénigrer lui même. Oh, il ne fallait pas que je desespère, bien que son cas était compliqué.

<<- Non.. Moi je suis heureuse que ce soit vous et pas quelqu'un d'autre. Qu'importe ce qui c'est passé, si j'y aurais passé moins de temps, peut être aussi que je n'aurais pas appris à essayer d'esperer que tout puisse aller mieux.. Le fait d'être tombée après tout ca, sur quelqu'un comme vous qui me donnait envie par vos paroles d'y croire.. me permet de ne pas en vouloir au passé qui n'a mis personne sur ma route avant.. vous comprenez ? Ce n'est pas de l'égoïsme, c'est humain. >>

Je repris une bouchée. J'avais été honnête, totalement. Non, je n'étais pas heureuse d'avoir subi les maltraitances de ces hommes, je n'étais pas heureuse d'avoir été sequestrée comme un animal.. Mais j'étias heureuse que cela se finisse comme ca, enfin.. Depuis les jours et les jours où j'avais entendu ca. Ronan se tourna de nouveau vers moi avec un regard qui se faisait.. charmant, une fois de plus.

<<- Non non, c'est très gentil hein, mais je crois pas avoir besoin de ca pour dormir aujourd'hui.. >>

J'eus un petit rire avant de le regarder aussi puis de soupirer. Non pas d'agacement ou autre.. Juste une facon de me détendre.. Moi et tout les muscles de mon corps.
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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Ven 17 Fév - 18:41

HS : je plaisantais tout à l'heure T_T c'était pas pressé. Mais merci quand même ^^'

Ben quoi ? Elle avait bien dit que s'en était effrayant non ? Il était censé le prendre comment ? Il n'avait pas du tout saisi que c'était pour plaisanter. Il pensait juste qu'effectivement, il l'avait effrayée sans le vouloir et ça le retournait pas mal d'ailleurs, il n'avait jamais souhaité cela après tout. Quand il comprit qu'elle plaisantait en fait... enfin pas tout à fait, c'était juste une expression apparemment, il se sentit un peu rassuré. Ouf apparemment, il n'avait pas gaffé... C'était plutôt bon signe non ? Après tout, ils n'avaient pas les mêmes origines, c'était plutôt certain vu que si une personne de son village ou d'un village proche avait disparu, il aurait été mis au courant... et si une personne aussi ravissante et charmante surtout habitait dans un des villages proches il aurait FORCEMENT été mis au courant... par un de ses camarades, tellement plus intrépides que lui avec les femmes... En même temps la difficulté là n'était pas bien élevée... Parce que ce n'était franchement pas dur d'être plus intrépide que lui --".
Bref, ils n'avaient pas forcément les mêmes façons de penser, de raisonner, même si pour l'instant elle semblait plutôt bien le comprendre et avoir un humour aussi... simple que le sien. c'était plutôt bon signe... Mais bon, une gaffe quelconque pouvait être commise par inadvertance, donc... méfiance...

Euh... finalement, elle était quand même un peu bizarre. C'était une coutume de sa région que de secouer ainsi les bras et de faire autant de grimaces quand on mange ou était-il vraiment si piètre cuisinier ? Ne sachant pas trop s'il devait l'imiter, rire ou bien vraiment s'investir un peu plus dans des préparations culinaires aussi simple il se contenta de lui sourire, se passant une main dans les cheveux. Ah et ils étaient presque secs d'ailleurs, gros avantage de ne pas les avoir trop longs... Parce que pour elle c'était pas encore gagné ! Non mais elle ne les avait plus coupé depuis quel âge au juste ? Enfin ce n'était pas un reproche, elle avait de très beaux cheveux, bien qu'ils auraient bien eu besoin d'un coup de peigne... mais bon, elle allait pouvoir en reprendre soin maintenant qu'elle était libre.
Néanmoins il y avait eu du bon à s'excuser... il s'en fichait pas mal qu'elle le rassure même s'il était content de savoir qu'il ne l'effrayait pas vraiment. Mais elle riait et encore une fois difficile de ne pas s'attacher à un rire aussi pur. D'ailleurs comment était-ce possible d'ailleurs ? Après avoir vécu tant d'horreurs, tant de difficultés ?... d'avoir un aussi beau rire. Un rire si humain. Ben quoi ? Elle n'était pas la seule à rechercher l'humanité !
Pourtant il en avait entendu des rires. La vie était plutôt... belle dans son village. Il aurait voulu le lui montrer. Elle s'y serait sans doute plu... Il lui aurait même appris les coutumes parfois étranges des siens, ces descendants de celtes... qui arboraient presque tous un tatouage le prouvant... comme celui qu'il avait sur l'omoplate gauche, dissimulant le S de son appartenance aux Sins. Ah mais non, c'était idiot ce qu'il pensait là. Tout ça parce qu'elle aimait rire ? Qu'ils savaient s'amuser là bas ?... bahhh...

Sa tentative pour la faire à nouveau rire, mais intentionnellement cette fois-ci se solda par une magnifique réussite. Ah pour le coup il était fier ! Finalement, il avait peut-être un petit talent caché ! Qui sait, il pourrait avoir du succès chez les boudeurs nonchalants craquants.
Mais elle ne fut pas en reste et très rapidement, ce fut à lui de rire. Bon, d'accord, elle avait gagné et de loin ! Elle savait répliquer ! Décidément ce n'était pas une fille ordinaire. C'était peut-être ça en fait... Là bas... d'où il venait les femmes étaient beaucoup plus réservées... elles n'étaient pas soumises non plus mais il y avait cette... ben oui cette réserve entre hommes et femmes comme s'il n'était pas vraiment permis de rire des mêmes choses... Mais bon les sujets de plaisanteries de ses camarades combattants tournant généralement autour d'une perversité tout sauf dissimulée... c'était un sujet un peu restreint quand même et qui aurait pu choquer.
C'était ça... Elle elle riait simplement, d'un sujet bête et simple, qui l'amusait également. Elle ne faisait pas de chichis, ni la jeune femme prude et réservée. Et il aimait bien...
Ces autres filles avaient trop été habituées à vivre en sécurité.. dans une bulle bien protégée, elles ne connaissaient pas cette vraie vie, c'était peut-être ça.

Sauf qu'avant ça, il avait eu ce geste qu'il voulait rassurant... et qu'il avait bien eu du mal à faire. Oh la demoiselle ne le répugnait pas, loin de là... c'est juste que c'était terriblement difficile de seulement lever le bras pour le poser sur des épaules (kkiiii si fragiles T_T) d'une jeune femme ! Si si !!! C'était vraiment super dur, même si s'en avait pas l'air. Enfin pour lui, c'était énorme ! Il ne le faisait même pas avec les filles qu'ils connaissaient depuis sa plus tendre enfance, c'était pour dire !
Ce geste ne lui en coûta pas vraiment, à part qu'il se remit à rougir mais au moins il y avait un bon effet, parce qu'il était tellement occupé à rougir et à détourner les yeux qu'il ne la vit pas faire de même. Quoique, ça l'aurait peut-être rassuré un peu T_T. Alors autant dire que s'il enleva son bras lui faire tourner la tête et nom d'un chien ou de n'importe quelle bestiole à pattes avec la lueur du feu ses yeux changeaient de verts wahou... , était tout aussi dur. Mouais, il avait dû se prendre un coup derrière la tête quelque part dans l'histoire, ça devait être de ça qu'il tenait son audace, ce n'était pas possible autrement, absolument pas possible !!!!
Bon au moins ses paroles avaient eu un bon effet puisqu'elle semblait aller un peu mieux ou alors c'était le fait de manger... Il aurait vraiment dû commencer par ça T____T

C'était aussi pour cette raison qu'il se dénigrait un peu.
Et elle avait bien raison dans un sens, il n'avait pas une très bonne estime de lui et il y avait beaucoup de travail pour pouvoir ne serait-ce que légèrement remonter celle-ci. Difficile à croire pour un combattant émérite qui semblait avoir passé sa vie à s'entraîner et à jouer les chevalier en armure, d'une politesse et d'un respect exagéré... et d'une timidité assez perturbante... Mais ce trouble, cette timidité avaient des raisons d'être, bonnes ou mauvaises... après ce n'était sans doute pas à lui d'en juger. Il ne faisait que les subir après tout.
Rire lui faisait aussi du bien mais en redevenant sérieux, il ne s'attendait pas à ce qu'elle suive le même ton et qu'elle tente de... lui rentrer dans le crâne qu'il avait très bien agi et qu'il ferait mieux d'arrêter de dire que ce qu'il faisait était mal. Etait-ce lui ou il sentait comme une... légère menace bienveillante derrière ses paroles ?
En tous les cas il était... plutôt flatté. N'était-elle pas en train de dire qu'il l'aidait par ses paroles ? Wah !!!Avec ses bafouillages, ses hésitations, ses façons de se transformer en tomate trop mûre ?!... Ben elle n'était franchement pas difficile la demoiselle. Pourtant il ne dit rien, se contentant d'un sourire et d'un signe de tête. Sans doute parce qu'il était trop intimidé sur le coup pour parler. Il n'était pas le seul à savoir être honnête et gentil...

- Ouf ! Tant mieux... je préférerais que la tempête ne dure pas...


C'est ce qu'il souligna en faisant à référence à ses qualités de chanteurs. D'ailleurs ce n'était pas très vrai, il savait chanter... au milieu d'autres chanteurs... quand on ne le regardait pas de préférence et qu'il pouvait plier les genoux pour disparaître dans la foule. Autrement... ben c'était à peu près comme essayer de faire entrer une pastèque dans un vase bien plus petit : inutile, fastidieux, salissant et se finissant généralement par des hurlements d'énervements... pas de sa part les hurlements...
Ils mangèrent un peu en silence. D'ailleurs il plaça une gourde entre eux et les provisions récupérées dans le charriot. Si lui pouvait se nourrir que de viande, surtout par habitude, la demoiselle avait fortement besoin de vitamines et les quelques fruits plutôt pas mal présents lui feraient le plus grand bien... Même s'il devait les lui enfoncer de force dans la gorge. Comme s'il en était capable T____T
Au bout d'un moment, il soupira, croisa les bras derrière son crâne et se laissa tomber en arrière, fixant le plafond de leur abri.

- Hum... j'ai promis de répondre à vos questions tout à l'heure. C'est mérité puisque vous avez bien accepté de me livrer votre nom, ne craignez rien, je ne le divulgerai pas chuuutttt... et que je vous porte... Mais j'avoue ne pas être très bon joueur...Alors j'aimerai aussi savoir quelques... éléments de vous si vous l'acceptez bien entendu... Pour vous aider... je vais commencer.

Il lui sourit, la regardant une seconde puis refixa ses yeux sur le plafond.

-Je m'appelle Ronan... Ronan Kelrav même s'il faut avouer qu'aujourd'hui les noms de familles n'ont plus une grande importance. J'ai 19 ans et aussi loin que remontent mes souvenirs j'ai toujours tenu une arme. Là où je vis, c'est une tradition. Certains d'entre nous apprennent à se battre. L'entraînement imposé est dur, très dur et il arrive que des enfants abandonnent... ou meurent... mais il y a un but à tout ça... Former d'assez bons combattants pour être en mesure de défendre les autres. Chacun a son rôle là bas... que ce soit de s'occuper des animaux, des enfants ou autres... d'ailleurs je vous arrête tout de suite, les femmes ne s'en occupent pas forcément si ça peut vous prouver qu'une certaine... équité existe. Cela fonctionne plutôt bien... les ashtarus ne se frottent pas à nous, surtout parce qu'ils ne peuvent pas prouver qui sont les Sins parmi nous.

Il se retourna et releva rapidement sa chemise sur son dos musclé (manquant se cogner la tête dans un geste mal contrôlé --'), restant à plat ventre au sol, pour dévoiler son tatouage.

- C'est un signe celte de l'ancien temps... les trois branches représentent la vie, le dynamisme et l'enthousiasme... j'essaie d'y être le plus fidèle possible parce que je crois en ces valeurs, même si ça peut paraître idiot de nos jours. Ses significations divergent pas mal mais passons... Mes parents sont morts alors que j'étais très jeune avec ma soeur également... dont je n'ai aucun souvenir. Mais je ne suis pas à plaindre hein ?! D'autres ont pris soin de moi... Que pourrais-je dire d'autre... euh... oui... Je suis quelqu'un de plutôt timide, vous l'aurez compris ^^' je rougis beaucoup... ne le prenez donc pas mal... c'est un peu... d'accord totalement incontrôlable en fait --'...

Il lui sourit, s'étant retourné et se remit sur les coudes, l'invitant ainsi à lui en dire plus... après avoir remis sa chemise --'

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Il ne suffit que d'un regard pour me connaitre.


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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Ven 17 Fév - 21:47


Un nouvel éclat de rire.. Il allait faire tomber la pluie.. C'était nul comme blague, pitoyable, et j'arrivais à en rire. Je devais paraitre si nunuche et stupide comme ça.. Aie aie aie, j'avais de quoi avoir honte. Non vraiment.. J'aurais eu un cas comme moi devant moi, j'aurais rigolé d'ironie, et j'aurais fait une reflexion mauvaise. Etait ce la fatigue qui me changeait completement, ou bien.. Quelque chose d'autre.. ou plutôt quelqu'un ? Ronan ? Oui, sans doute, mais c'était assez perturbant de réagir d'une façon que l'on ne connait pas soi même. Oui, l'impression d'être une autre personne.. Est ce que j'étais malade mentale, et ce que j'avais des antécédents de skyzophrénie dans ma famille ? Je n'en savais rien. Et je ne voulais pas savoir, c'était le genre de truc qui vous pousse à vouloir rejeter votre vraie nature.. Quoi que bon.. je le faisais bien avec mon pouvoir alors que ca faisait parti de moi ! Oui, non, il ne fallait pas que je parte sur ce sujet, c'était encore un coup à perdre le moral. Je repensais donc à la dernière minute de la réflexion de Ronan, je décidais de lui répondre, le provoquant un peu..

<<- Oh allez, Un petit morceau pour que l'on puisse entendre le bruit des casseroles ! >>

Je lui fit une grimace amusante pour bien lui montrer que c'était de l'humour, ah bien oui, maintenant, j'avais peur qu'il le prenne mal. Non pas qu'il était sensible.. Enfin si, un peu quand même. Rho puis mince, il avait bien le droit, c'était le seul défaut que je lui trouvais et ca commençait à m'agacer, moi qui avait toujours eu un regard pointilleux ! Je ne trouvais rien d'autre si ce n'est sa gueule d'ange, ses réflexions chou comme tout.. Grr ! RHo, il fallait en fait que j'arrête de penser. Je secouais la tête alors que Ronan commençait à me parler.. Ah, ca devenait toujours plus interessant !

<<- Il n'y a pas de soucis.. Allons y >>

EN fait, si, il y en avait un soucis, j'avais décidé d'être honnête mais j'avais peur des différentes réactions de Ronan par rapport à ma famille, mon passé. Je commençais à stresser, mais je ne dis rien, je me concentrais plutôt sur les paroles de mon comme qui dirait sauveur. Ainsi, il avait été élevé en guerrier. Ca se voyait par sa carrure, sa façon de se tenir, toujours prêt au cas ou il y a un soucis, mais pas par sa mentalité.. Non, je n'imaginais pas ca d'un guerrier.. Il était beaucoup trop doux pour avoir été formé ainsi.. Enfin bien sur, je le croyais, totalement, je buvais d'ailleurs ces paroles.. Son peuple avait l'air si.. si agréable, j'aurais adoré naitre dans le même genre de famille que lui. J'absorbais la moindre information le concernant, non pas pour un jour le traquer, non, parce que j'étais en pleine admiration.

Lorsqu'il me montra son tatouage, je regardais celui ci avec interêt. Whaou, je ne savais pas d'ou pouvait venir l'origine de cette culture, mais c'était fort interessant.. Est ce que un jour, si je recroisais Ronan sur ma route, il pourra.. me montrer comment ca fonctionne ? Oui, maintenant, je voulais tout voir dans ma vie.. Mais bon, je lui demanderais quand on sera un peu plus proche... Pas comme ca, je n'étais pas le genre à m'imposer, surtout pas dans cette situation où il prenait déjà beaucoup de son temps pour moi.

<<- Timide ? Je jure n'avoir pas remarquer une seule seconde ! >>

Je lui souris.. Oui, tout cela avait été très interessant, et si je pouvais, je lui en demanderais encore mais.. Mais pareil, je ne le fis pas, il ne fallait pas trop en demander, ca risquer de le brusquer même si je voyais bien que ce n'était pas son genre.. Sauf que c'était une question de principe.. Un nouveau principe d'ailleurs, bien que je ne voyais pas envers qui d'autres j'agirais comme ca. C'était totalement nouveau pour moi.. Vraiment.. Bon, c'était maintenant à moi de me réveler, et il fallait avouer que j'étais mal à l'aise alors que le garçon n'attendait que ca, lui qui s'était allongé.. Je m'asseyais donc en tailleur face à lui. Autant lui parler honnêtement en essayant de ne pas paraitre gênée.

<<- J'avoue que.. j'aurais aimé dire autant de mon peuple.. Déjà, concernant ma famille, je suis fille unique. Et j'ai toujours été comblée par mes parents du moment ou je m'en tenais à leur religion. Je suis ashtarus à la base.. bien évidement, cela n'a pas pu duré.. J'avais mon avenir tout tracer, pas de combat, pas de vie difficile, juste un mariage prévu. Je n'ai jamais su expliquer sur quoi cette religion était fondé. Sur un principe du temps d'antan.. L'humain est la créature de dieux, les autres à coté sont des énerguménes. C'est comme ca. Sauf que voilà, Quand j'ai eu 17 ans, j'ai eu la première apparition de mon pouvoir. Mon père n'a pas vraiment accepté ca, j'ai donc dut fuir de là ou il y avait ma famille et le quelque peu d'amis.. c'était il y a deux ans. Depuis j'ai appris à survivre, mais j'avoue que cela n'a pas été facile. Passer d'une vie tranquille où l'on vous sert l'avenir dans une assiette, à une vie où c'est à peine si on peut dormir. Avant ces quelques dernières semaines, j'étais avec d'autre sins que j'avais rencontré. Et puis voilà, jusqu'à aujourd'hui. On ne peut pas dire que j'ai d'aussi beaux principes que toi. J'étais juste éduquée pour detester.. Rien de plus. J'avoue qu'avec mes 19 années qui me suivent, j'ai bien reussi dans ce domaine. >>

J'eus un sourire, un peu déçu du piètre récit que je lui avais fait, mais j'avais essayé de finir sur une touche d'humour. C'était vrai, j'avais toujours été detestable avec les autres parce que j'avais toujours appris à detester. C'était bien triste à dire, mais c'était ainsi. Alors oui, sans doute que cela surprendrait Ronan vu ma façon d'être avec lui, mais je ne savais pas comment justifier cela non plus. C'était son effet sur moi. Je l'observais, allongé sur le ventre. Il était si mignon, même comme ca. J'avouais être un peu décue qu'il remette sa chemise ( noooooooon ). Non, c'était de l'ironie bien évidement.. ( ou pas ). Rha il fallait que je sois plus méchante, que j'apprene lui aussi à le repousser bien que son visage m'en empêchait totalement ! Oui, oui, il fallait que je reprenne mes.. bonnes habitudes !
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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Dim 19 Fév - 10:43

HS : ce sera sans doute pas un mess très long ni inspiré... jsuis pas bien je crois --'

Ronan souriait...
Elle riait. Elle avait l'air bien.
Malgré toutes les marques de coups (qui n'allaient certainement pas disparaître du jour au lendemain) malgré les souvenirs et les horribles pensées.Malgré tout, elle souriait, elle riait...
Il aurait pu se dire que c'était grâce à lui et en tirer une certaine fierté. D'ailleurs qui n'en aurait pas été fier ?Mais il pensait juste que c'était naturel. Enfin non, ce n'était pas naturel, c'était exceptionnel. Elle avait tellement... bien repris goût à la vie que ce n'était pas du tout ordinaire, bien au contraire. Lui il s'était plus attendu à découvrir une jeune femme brisée, effarouchée, rendue sauvage, agressive, même violente par tout ce qu'elle avait vécu et cela n'aurait été que parfaitement compréhensible à ses yeux, il ne lui en aurait pas voulu loin de là... Il aurait juste tenté à sa manière de la rassurer, il lui aurait même donné de quoi se défendre contre lui si elle venait à craindre qu'il ne poursuive la sale besogne de ces monstres.
Mais elle faisait le plus gros du travail seule. Ce n'était pas lui qui avait autant envie de vivre, c'était elle-même, oui il aidait (bien inconsciemment sur plusieurs points) mais ce n'était pas par obligation, il ne le sentait pas comme ça, pas du tout même. Il avait envie de la faire rire, encore... Parce qu'être capable de rire, d'une façon si belle... c'était un peu comme lorsque la nuit on pouvait voir un ciel sans nuage, brillant, lumineux... ou un coucher de soleil particulièrement marquant, rouge orange jaune... rose aussi et toutes ces couleurs qui tordent l'estomac sans qu'on puisse dire pourquoi au juste. Son rire était comme ça... Comme un coucher de soleil... qu'on avait peur de voir une seule fois... qu'on cherchait à retrouver, tout simplement.

Elle le taquina quant à sa proposition de chant et il ne répondit que d'un sourire plus large même s'il s'était remis à rougir. Non... il ne chanterait pas, il n'en était pas capable tout seul de toute façon. Et puis elle avait dit qu'elle n'en avait pas besoin, non ?
Il avait bien compris que c'était pour rire. De toute façon, quelque chose lui disait que quoi dise cette demoiselle, elle ne parviendrait pas à le vexer. Il souhaitait faire attention certes, mais elle n'avait pas à faire attention avec lui pour sa part. Lui... il était solide. C'était justement pour cette raison qu'il souhaitait qu'elle se repose sur lui pour l'heure. Euhhh... reposer dans le sens euh... juste qu'il la protégerait hein ?!!! Pas reposer comme dans "venez entre mes bras damoiselle...votre sommeil n'en sera que plus reposant" ou autre chose. Il n'avait fait qu'y penser mais il s'était remis à rougir. Et tout seul. Remarquant le regard qu'elle lui portait, après tout, elle devait se demander pourquoi il rougissait encore tout seul, il réussit à changer rapidement de sujet et à s'en sortir plutôt bien ouuuf.
Sa proposition sembla lui plaire puisqu'elle s'installa pour l'écouter.
Pour cette raison, il essaya de prendre une voix de conteur. Il avait envie de lui parler de son "monde" pour qu'elle l'aime... pour qu'elle voit tous ses bons côtés, alors il le décrivait au mieux, même s'il n'était pas très doué pour.

En tous les cas, Louka était attentive, très attentive même. Plusieurs fois, il remarqua son regard vert, toujours aussi exceptionnel d'ailleurs, le fixer ou se perdre dans le vague, comme si elle visualisait ce qu'il lui disait. De temps en temps il croisait son regard parce qu'elle devait remarquer qu'il la regardait, il faisait une brève pause d'une seconde et lui souriait, c'était tout simple en fait. En montrant son tatouage, c'est vrai qu'il n'était pas peu fier. Il l'aimait beaucoup. Chacun pouvait demander à personnaliser son tatouage. Le sien était plus travaillé et portait nombres de détails (qui avaient dû être sacrément douloureux à réaliser --'). C'était comme si des traits très fins s'entrelaçaient pour former celui plus épais qui était censé représenter le tracé du triskel et il fallait se concentrer vraiment beaucoup pour en saisir tous les détails. D'ailleurs quand il s'était retourné et le lui avait montré, il avait senti qu'elle se rapprochait et heureusement pour lui, il ne lui faisait pas face parce qu'en sentant à quel point elle était proche, assez pour qu'il sente son souffle sur son dos du moins, il se mit à piquer un fard digne d'une aubergine --' !

Reprenant difficilement contenance, il continua son récit et finit par s'arrêter, ayant peur de trop en dire et de l'ennuyer alors qu'en vérité c'était tout le contraire. Mais il n'était pas parfait, loin de là, et il n'interprétait pas toujours très bien (d'accord pas souvent --') les signaux qu'on lui donnait.
Quand il eut fini, il s'étira et lui sourit, attendant qu'elle fasse de même. Apparemment, elle ne se méfiait pas de lui parce qu'elle commença à lui parler. Et si elle avait été attentive, il était difficile de trouver un qualificatif d'autant plus fort pour exprimer son attitude. L'observant avec un léger sourire, il imprimait tout ce qu'elle lui disait.
Ce fut avec surprise qu'il apprit qu'elle était une Ashtaru auparavant. Avec colère qu'il sentit qu'elle ne disait pas tout en évoquant la "mauvaise" réaction de son père. Quelque chose lui disait qu'il ne l'avait pas seulement chassé... (ce qui était déjà beaucoup), quelque chose qui lui faisait comme une boule dans le ventre. Mais il était impressionné. Si lui avait subi beaucoup pendant sa formation de guerrier, cela passait pour normal. Elle ce qu'elle avait vécu... Ah non, ce n'était pas normal du tout, du tout du tout !!!!
Quelle horreur... Sa vie était déjà toute tracée (même s'il avait sursauté au terme de mariage... Un mariage ?!!! On l'avait destinée de force à quelqu'un ?!!!!) Elle n'avait pas eu le choix en fait... Et du jour au lendemain, devenue une Sin, elle avait dû apprendre à se débrouiller seule, à survivre, à se battre. Ce n'était pas juste...
Sa façon de finir, sur le fait qu'elle détestait, comme on le lui avait pris lui tira une moue amère et un regain de vigueur. Car à peine avait-elle terminé qu'il s'asseyait lentement en tailleur, approchant son visage d'elle en soufflant un peu sèchement.

- Balivernes !

L'instant d'après il lui faisait un beau sourire.

- Non, je ne suis décidément pas d'accord. Vous vous trompez. Une personne ne peut pas devenir aussi... formidable d'un seul coup. Je suis sûr que vous l'avez toujours été... Seulement cette partie de vous ne s'était pas encore exprimée voilà tout.Et cela est parfaitement normal. On vous avait éduqué pour que vous soyez en colère contre le monde entier, pour que vous détestiez l'anti-conformité. Pas pour être... une jeune femme qui rirait et saurait voir la vie et la liberté comme les magnifiques cadeaux qu'elles peuvent être. Je soutiens que vous êtes quelqu'un de particulier Louka, une jeune femme à tout priori exceptionnelle... Vous n'aviez juste pas encore eu le temps... de montrer cette part de vous-même.

Semblant prendre enfin conscience d'à quel point il s'était rapproché d'elle (décidément beaucoup trop), son beau discours s'arrêta là et il rougit, reculant un peu, en réajustant sa chemise, plus par nervosité qu'autre chose. D'ailleurs il n'avait pas du tout remarqué l'air réprobateur qu'elle avait eu quand il l'avait renfilée.
Elle était différente, il le savait, il le sentait. Il n'aimait pas sa façon de parler d'elle, il détestait la manière dont elle avait été traitée. Il aurait voulu lui montrer son peuple, lui faire connaître ce monde où on était accepté malgré ses différences. Elle méritait un monde comme ça.
Il hésita grandement, sachant que sa question n'était pas vraiment délicate, très personnelle et difficile autant à poser qu'à entendre... mais il ignorait pourquoi, il avait quand même besoin de savoir quelque part.

- Je suis désolé si ma question vous gêne, vous n'êtes en rien obligé d'y répondre, mais elle me taraude depuis un moment alors je vais la poser... même si j'ai honte de seulement y songer. Ces hommes... je sais ce qu'ils vous ont fait, vous me l'avez montré involontairement et je vous ai promis de ne rien dire, je ne trahirais donc pas votre secret... mais... mais aviez vous déjà... connu des hommes auparavant ? Si vous ne souhaitez pas répondre, je comprendrai tout à fait.

Ca il l'avait ajouté en redevenant très rouge pour changer...
Même formulé aussi poliment ça restait déplacé --' !!!!
Mais c'était vrai que sa question avait un sens... Il essayait de savoir en quelque sorte si en plus de tout le mal qu'ils lui avaient fait... ils lui avaient donné une vision de l'homme et de la proximité... on va dire intime de celui-ci si horrible qu'elle ne pourrait sans doute pas refaire confiance à quelqu'un avant longtemps ? Et surtout être capable d'aimer...tout simplement.

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Dim 19 Fév - 19:55

HS : ton post est très bien Very Happy


Ronan semblait m'écoutait.. De façon si passionné, comme moi j'avais su faire pour lui. Il faut dire que son peuple avait l'air si respectueux, moi, de mon coté, je n'avais pas su le faire rêver par mon discours. Encore une fois, j'arrivais à me faire plaindre. J'étais quand même super forte pour ça. Ce n'était pourtant pas fait de manière volontaire. Je voulais dire, je ne voulais pas attirer son intention sur moi ( même si j'étais seule avec lui.. ) ce n'était pas mon genre, j'avais tout de même appris à être amie amie avec la solitude. Alors à quoi cela aurait pu me servir d'attirer l'attention ? Il m'avais demandé d'être honnête dés le début, et j'avais décidé de le faire. malgré que ce n'était vraiment pas glorieux de lui raconter ca, même si je n'appréciais pas forcement le faire. C'était vraie, cela n'élevait pas la joie.

Cela fut choquant lorsque lui même se rapprocha rapidement de moi. me soufflant à la figure un mot plus que grotesque. D'ailleurs, j'en restais bouche bée sans savoir quoi dire alors qu'il repris de plus belle une nouvelle tirade avec de merveilleux sourires. De mon coté, j'étais toujours sur le choc. J'avais senti le son de sa voix s'étendre sur la surface de mon visage. J'étais bloquée, je n'arrivais pas à émettre quelques bruits ou gémissements.. Non non, son action m'avait particulièrement perturbé. Je penchais la tête sur le coté, l'écoutant certes mais n'ayant pas toute ma concentration dessus. Ce fut lorsqu'il me posa sa dernière question que je revins directement les pieds sur terre.. Sortant de ma bouche un petit "hein..euh..." Mais d'abord, je voulais répondre à ses propos sur ma personne. Effectivement, il ne me connaissait pas le moins du monde.. Non, effectivement, l'on ne s'était jamais vu avant aujourd'hui.

<<- Hum.. Je vais commençais par de nouveau vous contredire si vous voulez bien.. >>

Je lui fis un sourire légèrement méchant.. Oui, bon, je ne perdais pas le gouts des sarcasmes, c'était tout moi ! Je me rapprochais suffisament de lui pour le mettre mal à l'aise.

<<- Il n'y a rien d'extraordinaire dans la psychologie humaine. Le jour ou vous aurez l'impression que vous serez aveugle à vie, que plus jamais vous ne pourrez respirer ne serait que deux secondes sans avoir peur que l'on vous donne un coup, que hop, en un claquement de doigts, on vous fasse tuez.. Ce jour là, quand arrivera le soir ou vous vous évaderez, vous vous rendrez compte qu la seule chose que vous aurez envie de faire.. C'est prendre ce qui arrive sous la main. La pluie, la moindre chose qui peut vous redonner l'espoir. Mais ce n'est pas moi.. Pas du tout. >>

Je lui fis de nouveau un sourire un peu triste avant de reculer.. Sa seconde question était tout aussi difficile.. Comment lui expliquer, oui, j'avais toujours connu des hommes, Ethan, Clark, Yuri, et.. d'autres.. Mais il semblait que lui parle plus que l'homme en lui même mais des sentiments que l'on pouvait en éprouver. Je ne savais pas trop quoi répondre car je ne trouvais moi même étrange.. sur ce rapport d'amour, d'amitié.. Je le regardais sans vraiment le regardait.. Que répondre, que dire alors que il n'y avait rien à dire ?

<<- Euh.. Ensuite.. Oui, j'ai déjà rencontré des hommes ne restant que des connaissances. Le seul homme que j'ai pu aimé a été mon père.. Il est rare que je m'accroche aux gens, encore plus pour un sentiment éphèmére qui ne permet pas vraiment un épanouissement dans la vie.. Ca fournit souvent plus de deception que de bonheur. >>

Non, ca par contre ,je ne pouvais expliquer d'où j'avais sorti ces paroles philosophiques, cette façon de penser, comme je lui avais dit, je n'avais toujours aimé que mon père.. C'était tout même si maintenant, lui, je le detestais aussi. Non, je n'avais jamais souhaité trouver l'amour. Cela était pour moi que du mal, rien de plus. Je ne voyais pas ce que cela pouvait vous fournir.. C'est pour cela que étant petite, je n'avais pas ralé à l'idée de me marier avec quelqu'un que je n'aimais pas.. Cela me semblait si anodin comme notion.. Oui, c'était le mot.. Anodin.

<<- Alors non, ces hommes n'ont rien changé.. Pas sur ce plan. >>

J'eus un sourire essayant de faire un peu d'humour, du genre, héhé, je suis pas si traumatisée que ca ! Quoi que.. je n'avais pas encore essayer de dormir alors c'était un peu faux, les peurs se retrouvaient souvent dans le sommeil, et heureusement, car c'était tout le flux du subsconscient qui de déchargeait durant ces quelques heures où l'on semblait inconscient.. Sinon, on mourait de peur ou de folie si cela se faisait durant notre réveil.
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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Dim 19 Fév - 21:17

HS : l'oréal paske jle vaux bien !!!

Il n'avait pas pu s'en empêcher... Ce n'était peut-être pas très bien et c'était surtout insensé mais il n'avait pas pu faire autrement. Quand elle s'était descendue, directement devant lui, quand elle avait dit qu'en gros elle n'était capable que de détester, il n'avait pas pu la croire ni l'accepter. Oh il acceptait parfaitement qu'elle veuille détester le monde entier. Après tout ce qu'elle avait vécu en si peu d'années, cela paraissait parfaitement normal. Mais il n'aimait pas qu'elle parle d'elle-même ainsi. C'était pour ça qu'il avait été surpris lui-même par le geste qu'il avait eu. Se rapprocher ainsi d'elle... pour lui c'était vraiment très très très osé !!!
Ah ben oui, déjà qu'à bonne distance, il rougissait alors là... Il ne manqua pas de rougir mais il avait un sourire et une façon de parler qui changeaient de d'ordinaire... un brin... provocant...
Et c'était ça l'idée, la provoquer un peu pour lui dire ce que lui pensait. D'ailleurs il s'étonnait lui-même de son discours. Wah... ça faisait longtemps qu'il n'avait pas été aussi engagé pour défendre quelqu'un. Mais bon... Apparemment elle n'aimait pas. Parce qu'elle faisait une drôle de tête dont le pourquoi lui échappait. Ah ! Ca devait être à cause de son approche !!! Il se disait bien que c'était osé T_T !

Sauf qu'apparemment ce n'était pas vraiment ça... ou peut-être mais elle n'était pas d'accord avec ce qu'il avait dit. Elle se mit à expliquer qu'en gros elle n'avait rien de spécial, que c'était les circonstances qui étaient responsables de cette joie de vivre qu'il qualifiait d'exceptionnelle... de cette façon d'être qu'elle affirmait ne pas lui appartenir. C'était un peu vexant de se faire ainsi démolir ses arguments, lui qui avait tant de mal à dire ce qu'il pensait. Mais bon, il n'y pouvait pas grand chose... Néanmoins, il refusait certains points. Elle pouvait dire ce qu'elle voulait, et bien sûr, il était d'accord que les circonstances avaient agi, la transformant.. Il y avait quelqu'un d'extraordinaire chez elle, il le voyait bien dans ses yeux... Et ses yeux, elle n'avait pas pu les transformer... ils étaient bien trop beaux et innocents pour ça... et pourtant dotés d'un tel pouvoir. Il la laissa enchaîner puisqu'elle semblait décidé à parler sur la question qu'il lui avait posé. Il se mit automatiquement à rougir alors qu'elle avait à peine commencé.

En fait, il se refit extrêmement attentif, ne disant absolument rien, ne l'interrompant jamais, très respectueux lorsqu'elle parlait. En tous les cas, il semblait concerné par ses paroles parce que vraiment il était tellement immobile qu'il semblait s'être changé en statut. Quand elle eut fini de parler, il se contenta de lui faire un léger sourire comme s'il voulait dire qu'il avait compris alors que ce n'était pas tout à fait ça. Aaaahhhh elle n'avait pas compris sa question T____T !!!! Dans un sens, c'était parfaitement compréhensible ! En se remémorant ses paroles il devait bien avouer qu'elle avait ben... répondu quoi et que c'était juste lui qui s'était mal exprimé !
Mais déjà qu'il était timide, comment aurait-il pu le dire correctement ?!!! En tous les cas, il n'allait pas retenter, déjà que ça aurait fait insistant, mais en plus super bizarre et il n'avait pas envie de rerougir autant --'.
En réalité, lorsqu'il avait posé sa question, Ronan cherchait à savoir à quel point l'acte de ces barbares était horrible... En gros ? Si en la violant aussi fréquemment et brutalement (aux vues de ses souvenirs) qu'ils semblaient l'avoir fait... ils lui avaient aussi volé sa première fois... Si elle conserverait à jamais un dégoût des hommes et l'idée qu'être avec eux poussait à un acte sexuel barbare et soumis, tout droit sorti du moyen-âge. C'est vrai que c'était très personnel comme question et que c'était... eh bien un grand quelque chose de le demander mais ça lui paraissait important... Sans pouvoir se l'expliquer vraiment. Il voyait cette jeune femme, si vive, si... différente, qui avait tellement souffert et il se demandait si elle pourrait s'en relever... et sur quels aspects elle se relèverait... s'en était un...
Mais elle pouvait être tranquille à présent, il ne reposerait pas la question T___T

Mais néanmoins, dans la réponse qu'elle lui avait donné, il avait appris des choses... des belles ? Pas vraiment... Cette fille ne voulait pas être amoureuse. Parce qu'elle trouvait que l'amour était un mensonge, un sentiment vain... et à cet instant, il ne se sentit pas vraiment triste, enfin un peu, mais aussi très proche d'elle.

- Je comprends...

C'est ce qu'il avait dit... Après tout, lui le confirmait... l'amour était un sentiment vain. Pour sa part, il ne lui avait apporté qu'une indicible douleur... dont il ne s'était toujours pas relevé, qu'il ne pouvait pas oublier... qu'il s'efforçait de fuir dans toutes ces missions qu'il voulait à chaque fois effectuer. Mais rien ne lui faisait oublier jamais. Pourtant, s'occuper d'elle, sourire, la voir rire, observer son visage qu'il aurait sans mal apparenté à celui d'un elfe de sa "culture", ça amoindrissait tout ça. Il se sentait moins triste, moins vide... c'était même tout le contraire. Elle le faisait sourire simplement en étant elle-même. Il prenait bien ses piques et même plus que bien, il les appréciait.
Mais ce sentiment de méfiance envers l'amour, de fuite de celui-ci... il le comprenait, il faisait la même chose après tout.
Lui faisant un gentil sourire en se disant que finalement, sa question n'avait pas vraiment d'importance, que ce qui comptait même avec tout ce monde qu'elle avait détesté, c'est qu'elle continue d'être aussi vivante, il lui prit gentiment une main... pas méchamment, juste pour l'observer et mettre sa paume à plat sur une des siennes... Beuuuhh... Il avait vraiment de grandes mains à côté d'elle... c'était trop mignon <3 ^^
Il lui sourit à nouveau et pencha la tête dans le même sens qu'elle par mimétisme... cette habitude d'imiter un geste qui nous plaît.

- Vous devriez vous reposer Louka... vous avez l'air exténuée... je comprends que vous ayez lutté longuement contre le sommeil mais à présent vous êtes en sécurité et il vous faut récupérer... Néanmoins, je vais veiller un moment au cas où... m'autoriserez vous si je vous vois cauchemarder à me rapprocher et tenter de vous rassurer en vous parlant ou en vous réveillant ?


Ben quoi, il posait la question ! C'était normal non ? Elle allait certainement pas faire des rêves de ptits pioupiou heureux... et il voulait être prêt à l'aider...

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Lun 20 Fév - 17:17


Je parlais, je parlais sans savoir si ce que je disais pouvait plaire à Ronan ou pas. Il eut très peu de réaction, quoi que moi non plus je n'en n'avais pas eu, mais j'avais vu à quel point il était interessé.. Ca m'avait d'ailleurs surpris, il n'avait pas bougé d'un cil, oui ca avait été surprenant. Non non, je ne me répétais pas du tout, ca se voyait non ? Mes pensées étaient un peu confuses, cela était dut aux remontées de souvenirs, aux divers informations que mon cerveau avait du prendre en compte. Bref, tout cela n'avait pas été facile. Oui, j'avais gardé la tête penchée, comme ca, comme une pauvre niaise avec un torti coli. Etrange non ?

Ma réaction suivante n'arriva que lorsque Ronan me prit la main. Durant une demi seconde, je crus bien l'enlever et puis au dernier moment, je lui avais laissé ma main. Mais j'étais certaine qu'il avait perçu mon geste. Gênée par cela et après tout ce qu'il avait déjà fait jusque la, je me retrouvais rapidement rouge.. De honte. Les rôles semblaient s'inverser durant quelque seconde. Quelle chaleur étouffante.. En plus en tant que rousse, par logique, j'avais une faculté de rougir plus rapide que la moyenne.. Raison de plus pour ne jamais rougir.. Mais là, ce n'était vraiment pas par timidité mais par gêne, dire que j'allais enlever ma main, comme ça.. Comme si rien n'était alors qu'il m'avait sorti.. de très loin. Ca avait été un geste de protection sans doute, mais j'aurais au moins du me contrôler. Je me raclais la gorge tandis que lui parlait pour ma bonne santé.. Il était encore entrain de prendre soin de moi ! Dans chacun de ces mots, chacun de ses gestes. J'avais envie de lui sauter dans les bras pour lui donner toute la reconnaissance qu'il se devait de recevoir. Sa question me gếna.. Franchement, je préferais qu'il ne se mêle pas de mes affaires avec mon sommeil.. mais d'un autre coté.. Non, je ne voulais pas de ça, ni de son affection, ni de son aide.. Il avait déjà fait assez non ? Je ne savais pas quoi répondre alors que lui avait aussi pencher la tête.. Je redressais donc la mienne rapidement, gênée. Hum, vivement que je dorme en fait, ca n'allait plus du tout. Mais d'un coté, je ne voulais pas vraiment non plus.. Rha, tout cela était difficile. Bon allez, il fallait que je souffle un bon coup, que je recadre mon petit crâne. Oui, c'était ca la solution ! Je fermais les yeux un instant, n'ayant toujours pas répondu à ronan.

<<- Je.. vous remercie encore une fois pour ces gestes que vous avez envers moi tout ca mais.. Je suis pas sure que ce soit une très bonne idée pour vous.. Et puis vous devriez vous reposer aussi. >>

Je fis un petit sourire l'air de dire, je suis vraiment confuse. Je n'avais pas refusé parce que je ne voulais pas, parce que c'était lui ou autre.. Non parce que la dernière fois que j'avais ouvert les yeux alors qu'il était non loin de moi, ca c'était très mal passé. Et je commençais à m'y faire et à savoir que si je paniquais durant mon sommeil, je ne pouvais pas savoir ce qui pouvait l'attendre à mon reveil. Je ne voulais tout simplement pas que mon pouvoir ne se révèle alors que lui tentera une nouvelle fois de m'aider.. Et c'était pour lui.. Pas pour moi. Après, s'il refusait de m'écouter, c'était son choix, pas le mien, alors il s'en mordra les mains si.. Si il se voit dans son pouvoir.. D'ailleurs à cette pensée, j'eus un froncement de sourcil. Je ne comprenais pas, c'était encore pire que moi entre son pouvoir et lui que moi avec le mien.. Totalement pire..

<<- Vous savez, pour vous controler, il faudra commencer par accepter votre don. Oh, je dis pas, moi je contrôle rien, mais on m'a apprit à pas le renier.. >>

Je lui fit un sourire.. Oui, c'était un peu étrange, ce morceaux de phrase placé la comme ca dans la conversation. Mais c'était instantanné, et je ne pouvais pas vraiment contrôler.. Et oui, après, c'était moi qui parlait de contrôle. Je levais les yeux au ciel suite à cette pensée, et me mit un peu mieux sous le long bout de tissus relié avec d'autres que m'avait fourni tout à l'heure Ronan. Je savais que déjà, pour dormir, c'était mal parti, je ne savais même pas comment me mettre.. Comme si il y avait trop de place ici.. Je n'avais pas de barrière pour retenir mon corps.. tant mieux d'un coté. Ne pouvant tenir ma langue une nouvelle fois, je continuais rapidement sur ma lancée.

<<- Non et puis franchement.. Même en félin vous ferez craquer les filles. Autant en profiter non ? >>

J'eus un dernier rire avant de totalement m'allonger. Rien qu'être libre de ces gestes était quelque chose de tout simplement énorme. Je sentis mes paupières se fermer alors que j'avais la boule au ventre. Ne plus voir autour de moi me rappellait se foutu bandeau.. Déjà, il allait être difficile de fermer les yeux.. Ce fut pour cela que je les rouvrit rapidement. Allez, un peu de courage Louka, juste un peu ! Je soufflais, refermant les yeux. Il n'y avait aucun bruit sauf le feu qui crépitait.. Je rouvrais les yeux. Le feu, il fallait pas qu'il s'éteigne, sinon.. sinon, j'allais pas dormir. Je me relevais alors soudainement, reprenant le reste de branches qui trainaient à coté du feu, le mis dedans, lança à peine un regard à Ronan sachant tout à fait que ma réaction était étrange, et je me recouchais.. Bon, le feu c'était ok.. Il fallait de nouveau que je prenne mon courage à deux mains, que je ferme les yeux. Ce que je fis.. Maintenant, il ne fallait plus les rouvrir, surtout avec cette envie de dormir.. Il fallait, que je laisse le sommeil prendre mon corps, que je me vide la tête. Que je pense à après ce sommeil et pas ce qui c'était passé avant.. Ma rencontre avec Ronan, il fallait que je passe au dessus. Oui, totalement au dessus. Maintenant, j'étais sortie de toute façon, je ne risquais plus rien. Plus rien du tout.. Et puis j'étais couverte.. A cette pensée, je rapprochais encore plus la couette de mon corps.. Déglutissant doucement. Ronan m'avait fait une promesse tout à l'heure avec sa main sur son coeur.. Il fallait que je laisse mes rêves venir, Oui, il le fallait ou.. Ou je ne tiendrais jamais. ni moi, ni ma conscience, ni mon corps. Allez, demain, ce sera oublier.

Tremblant, je m'accrochais à la couette. Non, je n'avais pas froid, je faisais un effort surhumain.. Ca y est, je sentais mon corps se relaxer. Doucement, certe, mais il le faisait. Je sentais mon esprit se détendre avec chacun de mes membres. Ca y est, je sentais mon propre souffle s'apaisait. Je dormais. Enfin.. Paisiblement, pour le moment. Mais je dormais, je m'en rendais compte, il n'y avait plus que moi et moi dans ma tête.. Il y avait ce fond avec le crépitement du feu, il y avait cette sécurité avec Ronan à mes cotés.. Oui, un jour, j'apprivoiserais de nouveau ma liberté, un jour.. je m'en sortirais tant que je restais dans ce noir complet sans lumière passant dans des murs délabrés, sans rires gras, sans actes barbares. Oui, je pouvais m'en sortir, je saurais réapprendre à vivre jusqu'à ce que la mort me prenne dans ces bras.. Et en attendant, je pouvais dormir en sachant que je n'avais pas à avoir peur que cette nuit puisse être ma dernière. Car dans tout les cas :

<< La mort, c'est la final, le sommeil c'est l'entrainement. >>

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Lun 20 Fév - 21:01

Non, décidément, même l'écouter réfuter ses paroles n'avait rien de désagréable. Sans doute parce qu'elle lui parlait... qu'elle disait clairement ce qu'elle pensait aussi. Il appréciait, même s'il n'était pas d'accord avec tout. Oui, d'accord, elle était une ancienne ashtaru, on lui avait appris à haïr mais elle ne se croyait pas supérieure pour autant et elle avouait elle-même n'avoir jamais réellement compris la mentalité des siens. Ca par contre, elle ne semblait pas le voir, ne pas se rendre compte d'à quel point ça la rendait différente. Certes, son éducation lui avait fait suivre un certain chemin, mais elle ne s'y était pas réellement pliée, pas jusqu'au bout du moins, parce que sinon, elle aurait renié sa qualité de Sin, elle aurait tenté de continuer le travail de son ancien peuple, elle aurait peut-être même rejoint les Muss... puisqu'eux suivaient presque le même dessein que les ashtarus. Non, ils ne tuaient pas les Sins, mais ils les réduisaient en esclavage. Si elle avait réellement été telle qu'elle voulait qu'il le croie, elle aurait prônée la religion des ashtarus... elle ne serait pas à cet instant même en train de la critiquer. Cette pensée lui tira un sourire. Souvent, on disait qu'il y avait trois catégories de personnes... les normaux, les prétentieux qui se croient constamment au-dessus des autres, narcisses et on en passe des meilleurs et les modestes... Les modestes c'était un terme un peu trop simpliste et restreint. Le genre de personnes en fait qui ne se rend pas compte de son côté différent et exceptionnel, peut-être simple, peut-être naturel normal, mais justement... pas pareil, plus... plus quelque chose. Elle était certainement dans cette catégorie de modeste. Elle n'avait pas une très bonne estime d'elle-même. Elle se dévalorisait après tout... Alors qu'elle lui semblait tellement réellement tout sauf ordinaire. Il avait bien le droit de le penser non ?

Par contre il comprit très vite que le geste qu'il avait eu n'était pas le bienvenue. Il ne savait pas trop pourquoi il avait soudain eu envie de lui prendre la main ainsi. C'était un peu particulier tout de même et c'est vrai que ça dépassait son côté timide et hésitant d'un peu plus tôt. Mais il n'avait pas pu s'en empêcher en fait. Elle avait de si petites mains par rapport à lui, il trouvait ça mignon. Il voulait la rassurer, lui communiquer un peu de confiance, la rassurer, et comme il n'était pas très à l'aise avec les femmes, même si avec elle curieusement il faisait d'énormes efforts et progrès, et surtout avec une aussi jolie femme, il s'était dit que le transmettre par un contact, très simple serait bien. C'était pour cette raison qu'il avait prit doucement sa main. A son geste de recul, il ne fut pas vexé, comprit parfaitement et devint très rouge. Aie, c'est vrai qu'il avait des mains de guerriers, peut-être un peu rudes quand même. Il retira assez vite sa main après avoir lâché un "désolé" en battant quelques records de rougissements. Sans doute parce qu'elle rougissait aussi et que s'il trouvait ça absolument adorable... eh ben ça ne l'empêchait pas de faire de même. Pourtant, il choisit d'en rire... parce qu'il était aussi, si ce n'est plus encore gêné qu'elle... Un léger et bref rire mais un rire vrai.
Il cessa assez vite de sourire en remarquant qu'elle n'avait pas l'air très bien. Aie, il était peut-être allé trop loin. Il s'était efforcé d'être social et gentil mais ce n'était peut-être pas ce qui lui fallait en fait. Elle lui répondit enfin et s'il masqua son soulagement, il ne put s'empêcher de sourire, reconnaissant. Ouf, elle ne lui en voulait pas !
Par contre ses paroles le surprirent et il se frotta machinalement la nuque, là où ses cheveux, plus courts rebiquaient dans tous les sens.

- Ne vous en faites pas damoiselle, je vais me reposer aussi. Mais pour l'instant je pense qu'il est surtout important que vous retrouviez un sommeil paisible.

Ce n'était pas pour dire, mais c'était elle qui avait besoin de repos. Non non, elle ne ressemblait pas à un zombie... éventuellement un raton laveur vu les cernes sous ses yeux mais quel mignon raton laveur. Pourquoi un raton laveur d'ailleurs. Il lui sourit. Tiens, il l'avait rappelé damoiselle. Sans doute que par sa politesse, sa gentillesse et sa façon de se soucier de lui alors qu'elle n'aurait dû se préoccuper que d'elle-même lui faisaient penser aux légendes de son peuple sur ces princesses de légendes, courageuses et intrépides, soucieuses des autres, belles... très belles...
Etait-il important de le dire ? Oui il ferait comme il le souhait et il souhaitait veiller sur son sommeil pour l'heure. Il ne craignait pas vraiment de se retrouver une nouvelle fois face à sa peur, même si elle était dure à supporter, parce qu'elle se réveillerait en sursaut et réagirait mal à sa présence. Elle n'y pensait peut-être pas mais... il comprit que si lorsqu'elle évoqua sa peur justement. Un nouveau sourire se dessina sur son visage, très différent des précédents, comme si malgré ses dix-neuf ans il était beaucoup plus mûr et emprunt d'expérience que ça.

- J'ai accepté mon pouvoir, n'ayant pas vraiment le choix et sachant qu'il me confère une force qui peut m'aider à protéger ceux auxquels je tiens. Néanmoins il est... différent des autres pouvoirs... et peut-être est ce aussi votre cas. Les émotions renforcent ou diminuent nos capacités lorsque nous usons de nos dons... mais dans mon cas, c'est différent, je suis victime de mes émotions. Le fauve que vous avez vu, est une part de moi-même, sans doute très mauvaise que je me refuse d'être, par choix et par nécessité... et toutes mes émotions, trop fortes vont alimenter cette partie, fragiliser la frontière entre le moi que vous voyez et ce monstre... Alors je perds connaissance, je ne sais pas ce qui se passe et je me réveille après un carnage ou un autre... Je dis que c'est peut-être votre cas parce que vous semblez également dépendre de vos émotions. Un tel don ou fardeau n'est pas simple à maîtriser... même s'il est incroyable... je suis sûre que pour votre part, vous seriez en mesure de faire de belles choses avec... surtout maintenant que comme vous le dites, vous aimez davantage la vie.

Il avait parlé plutôt légèrement pour quelqu'un d'aussi sérieux. Comme si ça n'avait pas réellement d'importance. Mais il se sentait en confiance avec elle et prêt à lui dire, même cela. Après tout, elle avait vu ce qu'il craignait, il n'avait pas grand chose à lui cacher du coup. Par contre sans prévenir, il se repencha sur elle, très près de son visage et lui sourit.

- Nous vous en faites pas... si je n'hésite pas à vous regarder dans les yeux c'est parce que je n'ai pas peur de ce que je pourrais y voir et je pense que c'est ma plus belle action parce que ce que j'y vois... vaut vraiment le détour. Alors ne craigniez rien... si moi je dois accepter mon pouvoir, vous, vous pouvez accepter de regarder le monde au lieu de baisser les yeux, ce n'est pas à vous de le faire... Alors si cette nuit vous avez peur, si vous vous réveillez et que votre don se déclenche alors que je suis près de vous, ne vous en faites pas... vous m'apprenez aussi à lutter contre ma peur, je devrai vous remercier et non le contraire.

Il sembla se rendre compte qu'il s'était trop rapproché et fit une drôle de tête très désolée alors qu'il reculait en rougissant, trop vite et du coup tombait en arrière, se retrouvant vautré sur le dos... tout rouge et désolé ^^'.
Apparemment c'était plutôt comique parce qu'elle souriait, il fit donc de même puis la regarda s'installer... avoir du mal à s'endormir puis finir par y parvenir. Pendant tout son manège, il ne la quitta pas des yeux une seconde et sourit en la voyant s'apaiser, en entendant sa respiration se calmer. Il resta immobile encore un moment, se levant pour attiser le feu à son tour, s'étirer et fixer l'extérieur. La tempête continuait de s'exprimer et d'apporter cette eau si nécessaire à la terre. Ronan veilla encore un moment et lorsque la jolie jeune femme s'agita dans son sommeil, il posa une couverture supplémentaire sur elle et posa une de ses mains sur son épaule, lui parlant très bas pour la rassurer. Il finit d'ailleurs par s'allonger sur le côté, sommeillant et finit par s'endormir près d'elle, fatigué également et content de la tournure qu'avait prise cette journée...

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Mar 21 Fév - 15:15


Moi moi moi.. pourquoi toujours moi ? Oui, bon certes, j'avais été retrouvée dans un chariot avec des cernes sans fin et un corps qui ne répondait plus à mes attentes.. Oui et alors ?! lui.. il avait tué une panoplie de barbare, il s'était pris mon pouvoir en plein dans la face et jusqu'ici, je lui en avait quand même fait voir de toutes les couleurs.. Alors oui, il fallait qu'il dorme, c'était tout à fait normal à mes yeux ! C'était une sorte d'excuse pour que celui ci.. ne se sente pas obligé de me supporter même s'il avait dit mainte et mainte fois que je n'étais pas un fardeau, oui j'avais compris ! C'était incroyable, pour la première fois de ma vie, je m'inquietais pour quelqu'un que je connaissais à peine, je ne semblais pas le detester,et c'était un miracle de mon coté. Oui, un vrai petit miracle, dont je pouvais être fière. Mais est ce que seulement, j'étais prête à pouvoir apprécier une personne ? Pas sure, mais alors pas sure du tout ! Si j'avais pu entendre les pensées de Ronan, je lui aurais doute envoyer mon poing dans la face. mais forcément, c'était ses pensées, et je ne m'appellait pas Ethan, monsieur le télépathe. D'un coté, heureusement. J'avais déjà essayé de m'imaginer télépathe, et il fallait avouer que jamais je n'aurais pu aimer ca. Entendre les pensées des autres, malsaines, malheureuses, voir totalement déprimantes. Non, je n'aurais pas su supporter d'entendre ce qui se passe dans la tête des autres.. Arrivait il seulement à se concentrer sur ce que lui pouvait penser Ethan ? Pouvait il s'exprimer librement dans sa propre conscience ? Il fallait avouer que je n'en savais rien, et que peut être qu'au final, je ne voulais pas savoir.

J'écoutais l'explication de Ronan. Ah et bien au moins, il acceptait son pouvoir, c'était une bonne chose ca! J'eus un sourire à cette pensée. Tant mieux, vraiment, car quelqu'un qui rejette son pouvoir, c'est quelqu'un qui se meurt. J'avais derrière cette idée le visage d'Eira qui avait repoussé celui ci durant des années, souffrant de migraines insurmontable, de crises d'angoisses. Et je m'en étais rendue compte bien rapidement.. Et je n'avais pas cherché à essayer de l'apaiser, non, j'avais plutôt voulu la faire éclater. Elle ne m'en avait pas spécialement voulu.. Par la suite, mais celle ci avait tout de même mal vécu le réveil tardif de son don.. Surtout à cause de sa supposée meilleure amie qui l'avait massacré avec ces idées... En même temps, il fallait s'y attendre, c'était tout de même une ashtarus pure souche son amie.. Non, en fait, je n'avais rien à penser sur ce sujet. Je fronçais les sourcils, écoutant toujours Ronan.

<<- C'est quand même vachement étrange...>>

Et après cela, je ne fis que l'écouter, étant plus ou moins d'accord avec ce qu'il disait. Je n'avais plus le courage de continuer la conversation, ni moi, ni mon corps d'ailleurs. Mais l'écouter ne me déplaisait pas pour autant. Sa voix douce et sans vulgarité ni brutalité semblait jouer le rôle d'une berceuse.. Ses idées étaient tout simplement bien fondée, même s'il était fous de vouloir me regarder dans les yeux. Il avait raison, peut être que ce n'était pas à moi de baisser les yeux.. Ouai, peut être. Il avait une bien étrange façon de considérer mon pouvoir. Depuis quand l'on devait remercier une autre personne alors que celle ci souhaitait sans le vouloir, vous tuer de peur..

Le sommeil vint à moi en tout impunité.. Je sentis cependant le garçon s'allongeait à coté de moi. Je percevais encore le monde externe à mon sommeil. Je n'étais plongée pour le moment que dans le noir. Aucun rêve.. rien, même pas de cauchemar même si cela ne tarda pas à arriver.. J'espèrais que cette nuit ne serait pas la dernière de mon existence, j'esperais ne pas mourir d'horreur dans ce sommeil. J'esperais aussi que Ronan reste là.. puis je finis par ne plus esperer et laisser mon subsconcient réveler ce qu'il voulait.

Nous étions là. Nous tournions en rond, comme si c'était normal. Alors que le soleil nous tapait sur les crânes, alors que nous tenions à peine sur nos jambes.. Nous étions là. mais qui nous ? Oui, j'étais en plein rêve, à coté d'une autre personne dont le visage était recouvert. J'avais beau essayé de voir qui c'était.. je ne comprenais pas, il n'y avait rien.. Et nous tournions, comme si l'on attendait quelque chose.. Puis une vague d'oiseaux, noirs.. Je venais de comprendre, il fallait que je cours, j'entendis alors des bruits.. d'armes. La personne à coté de moi venait de tomber, mourrant.. le masque tomba tout de suite.. Ce que je vis m'horrifia. c'était moi.. Gamine ! Je continuais de courir, n'essayant même pas de sauver ma propre personne, je ne comprenais pas, étais je vraiment dans un rêve. Je courais après le temps, et l'on courait après moi comme pour m'empecher d'avancer.

Oui, c'était ca, on ne voulait pas que j'avance dans la vie, le bonheur ne voulait pas de moi.. Puis tout se stoppa. Le noir, total. Il était revenu. Et puis seulement des bruits venaient prendre place. Mon propre cri.. Ma propre souffrance. Mes douleurs personnelles.

Plus rien, le silence total.
Seulement ma respiration. Une goutte d'eau qui tombe. Des mouvements tout autour.. Mais toujours aucun bruit. Puis de nouveau un cri. Pire que les premiers, un cri qui ne semblait pas s'éteindre.. qui me tuait les tympans. Tout recommencait toujours, cela se fit plusieurs fois de suite, le silence, un cri, voir plusieurs puis plus rien.. Alors c'était ca mon rêve ?! Juste ca, et pourtant, je savais que j'en souffrais. Mais je n'arrivais pas à me reveiller, comme si j'étais enfermée dedans. A cette pensée, j'hurlais de nouveua, dans mon rêve, ou dans la réalité, je ne savais pas. Je voulais me reveiller, je voulais qu'ils me laissent me reveiller.. qui ? mes bourreaux ? Ou alors qu'il me tue ! Oui, c'était encore mieux, qu'il me tue !

Je décidais donc d'arrêter de respirer seulement dans ma tête, mais ce que je fis malgré moi en réalité. Sans m'en rendre compte, je faisais comme les enfants de quelques moi. Qui s'arretaient de respirer, ne s'en rendant même pas compte. Et bien là ,c'était pareil, dans mon sommeil, je décidais de ma propre mort croyant ne le faire que dans le rêve.



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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Mar 21 Fév - 20:46

Etait-ce mal de se soucier d'elle. Certainement pas... du moins selon lui. C'était même parfaitement naturel puisqu'il ne se forçait nullement dans ses gestes et ses paroles. Il agissait comme son coeur lui dictait de le faire. Ce n'était pas par soucis d'obtention d'une faveur, juste parce qu'il voulait qu'elle aille mieux et qu'elle se sente en sécurité.
Il lui sourit une nouvelle fois. Apparemment c'était mal selon elle. Elle lui semblait un peu gênée.
Avait-elle si peu l'habitude qu'on se soucie et prenne soin d'elle ? Pour être aussi perturbée par son attitude. Il avait bien du mal à le croire. Parce que même si pour l'heure elle avait le visage épuisé, l'air groggy par tout ce qu'elle avait vécu, des blessures et autres, c'était une magnifique jeune femme... vraiment très belle. Lui le voyait bien et il était d'autant plus surpris d'être tant... à l'aise avec elle. Parce que s'il était timide devant les femmes, il l'était d'autant plus devant les belles femmes. Il aurait dû bafouiller, être mal à l'aise et n'être tout simplement pas capable de placer un mot... Même si c'était arrivé, ce n'était rien comparé à l'état dans lequel il aurait dû se trouver. Cela le laissait perplexe. Peut-être en réalité était-ce justement parce qu'il l'avait secouru..; ce qui lui avait permis de prendre un peu plus confiance en lui, vis-à-vis d'elle. Parce que justement il était son sauveur. Que les demoiselles se rassurent, il ne prenait pas la grosse tête, loin de là, mais il cherchait juste une explication... pour expliquer justement le bien-être et l'audace dont il faisait preuve, c'était agréable, de rire et sourire autant avec une jeune femme, après tout ce temps.

Et puis elle pouvait dire ce qu'elle voulait d'elle-même, lui la trouvait très agréable. Elle lui parlait d'une manière qui lui plaisait. Sa façon d'exprimer clairement sa pensée le faisait sourire et il préférait largement ça aux cachotteries féminines.
Elle était attentive, elle savait parler et elle savait écouter. Elle n'était pas de ces personnes qui font semblant d'écouter. Au contraire, elle s'impliquait. Ca se voyait à son regard, son magnifique regard si vert qui se faisait pensif, son très léger pincement des lèvres, mimique adorable. Parler avec elle était possible, agréable... Qui l'eût cru ?
Ils échangèrent encore quelques paroles puis il la vit s'allonger et guetter le sommeil. Il n'arrêta pas de parler tout de suite, essayant de la rassurer encore pour pas qu'elle imagine se retrouver dans son espèce de cellule puis il se tut, l'observant avec attention.

Le temps passa rapidement et il ne la vit pas beaucoup bouger, se doutant qu'elle avait fini par s'endormir. Comme il s'était installé près d'elle, la surveillant et lui parlant doucement lorsqu'elle s'agitait, la fatigue finit par avoir raison de lui.
Elle n'avait pas tort, lui non plus n'était pas très frais. Il ne s'était pas vraiment reposé dans la journée, préférant marcher longuement pour pouvoir arriver à Epsilon le plus tôt possible, c'était plus prudent que de voyager de nuit ou pendant la tempête. Du coup, il était fatigué à présent.
Là, il dormait apaisé, pas loin d'elle et une main vraiment proche d'elle, la bouche légèrement entrouverte. Pour sa part, ses rêves étaient tout simplement... de calme et de sérénité. Un champ à perte de vue, le calme... les souvenirs de ses entraînements, mémorisation d'enchaînements particuliers, rien de plus. Il n'avait pas de quoi avoir peur pendant son sommeil, enfin pas cette nuit du moins. Sauf que la jeune femme commença à s'agiter sérieusement près de lui, tant et si bien qu'elle se retourna, touchant sa main, ce qui le réveilla.
Il ouvrit les yeux et se redressa sur un coude en bâillant et en se les frottant.
Sauf qu'il avait mis plus de temps qu'il n'aurait fallu.
Parce qu'elle était déjà dans un stade avancé de son rêve. Depuis quand dormait-il ? Bonne question. Il n'en savait rien mais une chose le frappa immédiatement. ce n'était pas qu'endormie elle était absolument... wahou... encore plus... craquante avec sa mine angélique là, franchement... mais qu'elle était extrêmement pâle. Il pâlit à son tour, ce qui vu sa peau bronzée était quand même un beau changement de couleur ! Il mit rapidement deux doigts sur sa gorge, cherchant son pouls. Il le sentait, trop rapide... ce pouls qui prouvait que son corps cherchait de l'air... qu'elle lui refusait.

Paniqué le jeune homme se redressa sur les genoux, les mains tremblantes. Mais que faisait-elle ?!!!! Pourquoi ne respirait-elle plus ?!Pourquoi s'infligeait-elle ça ?! Non, ça ne pouvait pas être volontaire, cette fille était trop vivante, trop... trop... Est-ce qu'une de ses blessures plus grave lui avait échappée ? Etait-elle blessée au niveau des poumons ou autres ?! Il ne savait pas ce qu'elle avait mais elle ne semblait pas blessée à ce niveau, il y aurait mis sa main au feu. Mais là, il fallait vraiment qu'il fasse quelque chose, elle allait se faire du mal, beaucoup de mal autrement. Il essaya de la secouer mais elle semblait en proie à des cauchemars et elle cria à nouveau, gémissant mais sans récupérer de l'air pour autant. C'était peut-être ça qui l'avait réveillé finalement. Il essaya de l'appeler, mais rien à faire, elle devenait trop pâle, ses mouvements trop faibles. Comprenant l'urgence de la situation, il cessa d'hésiter et de s'obstiner à la réveiller et la mit sur le dos, lui ouvrant la bouche en renversant légèrement sa tête en arrière. Oula... il était déjà super rouge rien que d'y penser, mais ce n'était pas le moment de faire un cas de conscience et de tremblote. L'instant d'après, il posait ses lèvres sur les siennes pour redonner un peu d'air à ses poumons. Il se redressa légèrement pour inspirer à nouveau. Les mains de chaque côté de son visage, il se repencha sur elle, le front rendu moite de sueur sous le stress et l'inquiétude, continua de souffler... fermant progressivement les yeux à mesure qu'il continuait... Et puis tout d'un coup il se retrouva à écarquiller les yeux parce qu'apparemment elle était réveillée... qu'il était dans une drôle de position, l'encadrant de ses bras et à cet instant les lèvres à quelques millimètres à peine des siennes.

Le pauvre Ronan resta en arrête quelques secondes puis fit un véritable bond en arrière, ce qui avec sa formation de guerrier et ses entraînements quotidiens se traduisit par son dos heurtant durement un des murs de leur abri, sa tête faisant de même dans un grand "boum" désagréable. Il glissait déjà au sol, faisant de grands gestes avec ses mains comme pour s'innocenter, tellement rouge qu'il semblait sur le point de tomber dans les vapes.

- Non non non !!! c'est... c'est pas ce que vous croyez !!! Je... je... je ne... vous... vous ne respiriez plus !!!! je...; je vous jure... je vous jure que je ne...


Aie... et voilà c'était reparti, il n'arrivait plus à rien dire T_T

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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Mer 22 Fév - 21:34


Non, je ne respirais plus. Je ne voulais plus respirer, je voulais m'enfuir de ce cauchemar, m'enfuir de ce monde. Je voulais cesser d'inspirer et d'expirer pour enfin m'évader.. Oui je le voulais. Je n'avais jamais ressenti cette sensation. Que d'approchais de la mort. On ne voyait ni de lumière, ni de tunnel. On le sentait.. Pas sous la forme d'odeur, non.. C'était étrange. On le savait, on allait vers elle. C'était rassurant, j'en restait d'ailleurs sereine. Oui, je continuais de ne pas vouloir respirer parce que je pensais que je ne ferais que sortir de mon.. cauchemar. Cela sembla devenir un rêve. Non, non, je ne pensais pas cela pour rire. Rêver de la mort.. La première fois que je voyais celle ci ainsi. C'était magnifique. J'approchais, je sentais les frissons me montaient sur les bras, je sentais l'excitation prendre un total emplacement dans ma tête. Enfin, j'allais échapper à cette vie sur laquelle je n'avais su avoir de contrôle, j'allais disparaitre de ce continent qui ne contenait qu'hypocrites, fous.. et surtout beaucoup trop d'humains à mon goût.

Puis soudainement, toute cette ambiance disparu, évaporée ! Je ne compris pas.. Ah mais si en fait, très bien, j'avais réussi ! Je m'étais reveillée. J'ouvrais doucement les yeux, comme si je sortais d'un lourd sommeil. alors que non, je tremblais encore de mon cauchemar. Cependant, le fait de voir.. Ronan à deux milimètres de mon visage à mon reveil me laissa.. Comment dire ? perplexe ! Mais qu'il était beau.. Au début, je crus encore dormir bien sur.. Puis je me rendis rapidement compte que tout cela était la réalité. J'étais encore dans ces bras ! Et comment faire comprendre l'envie que j'avais que de toucher ces lèvres volontairement.. Elles étaient toutes aussi attirantes qu'un bon morceaux de chocolat ! Euh.. Ohla, il fallait que je me calme, un peu beaucoup là, c'était l'émergence du sommeil qui faisait ca ou quoi ?

Soudainement, je vis Ronan reculer rapidement, comme s'il m'échappait, oui oui, je croyais toujours être en rêve là. Je me redressais automatiquement les yeux froncés, regardant les différentes manœuvres de Ronan. Lorsque je le vis au sol, je me levais rapidement pour le rejoindre, me mettant à genoux. Mais il était dingue ! complétement maboule ! D'ailleurs, je mis la paume de ma main sur son front. Ben il était brulant. Plein de sueur, comme s'il.. comme s'il était malade. C'était à mon tour de paniquer ! Je pris la gourde d'eau qui trainait près des affaires, je l'ouvrais, vidant la moitié sur la tête de Ronan. Tout cela avait été fait super rapidement, du genre en quelque secondes ! Avec des grands gestes de ma part aussi, je lui répondais, l'ayant à peine écouter, comme si je m'en fichais.

<<- C'était sur sur sur ! vous êtes totalement malade, fallait pas aller sous la pluie ! c'était certain ! Ahhhh mais qu'est ce que je suis bête !>>

Je me tapais le front. Attendez.. on était bel et bien reveillé ? Oh la honte oh la honte ! Puis je me souvenais de l'image il y avait quelque secondes, oui, de son visage près du mien. Je rougis automatiquement. Ne sachant quoi dire. J'avais eu si peur en fait.. que j'étais devenue comme dingue pour m'arreter de respirer.. Et lui, cet homme qui était en face de moi, je venais de réaliser qu'il avait osé me faire du bouche à bouche. Pour me sauver ?! Oula. Il me rendait dingue, je ne savais pas comment, mais il le faisait extrêmement bien. Et puis je me souvenais de mon cauchemar. Me faisant encore une fois trembler.

<<- Oh je suis confuse ! je vous ai réveillé! Je.. de toute façon, je suis plus fatiguée, vous avez qu'à vous rendormir, sinon, vous allez pas aller mieux en restant éveillé. Je suis vraiment désolée de.. enfin, j'ai.. AH ! >>

Je croisais les bras, ne sachant comment m'exprimer. Oui, ca m'agaçait. De ne pas réussir à.. paraitre un minimum interessante aux yeux de ce garçon. Quel ridicule ! Je levais les yeux en l'air, lachant la gourde après l'avoir refermer. Je pris un air plus ce que sérieux.

<<- On fait un marché. Vous allez dormir, et en retour et ben.. j'vous chante une berceuse ? Faut vraiment que vous dormiez..>>

Et j'étais sérieuse, mon regard était totalement noir pour lui montrer que la menace était grande.. très grande..
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MessageSujet: Re: Et si je te tends la main ?   Jeu 23 Fév - 21:44

Oui elle l'avait réveillé... Et heureusement.
Qu'en aurait-il été autrement ? Le subconscient pouvait accomplir de grande chose. Elle aurait continué de se priver d'oxygène, elle y aurait probablement laissé la vie... Comment l'aurait-il vécu à son réveil ? Alors il était largement heureux que le fait qu'elle ait touché sa main ou simplement parce qu'elle avait gémi, heureux que l'un ou l'autre l'ait tiré du sommeil pour qu'il puisse intervenir.
Ronan se surprenait lui-même. C'est vrai qu'instinctivement, il avait souvent de bonnes réactions, mais il avait tendance à l'oublier alors... enfin il n'était pas le genre de garçon à avoir la grosse tête, c'était même tout le contraire, donc forcément, il oubliait ce qu'il faisait bien et retenait ses erreurs.
Là, même s'il avait rougi, il n'avait pas hésité longtemps et s'était rapidement penché sur elle pour lui transmettre cet oxygène qu'elle refusait à ses poumons. Ce simple geste, s'il avait été dans le but volontaire de l'embrasser... ben il n'y serait certainement pas parvenu en fait. Ah ben non, ce n'était pas trop son style de profiter du sommeil d'une demoiselle pour l'embrasser, pas du tout même.
En équilibre sur ses bras, veillant à souffler correctement, il s'était plutôt bien débrouillé dans son bouche-à-bouche, même s'il avait eu peur de lui faire mal, même s'il mesurait chacun de ses gestes, enfin moins qu'auparavant tout de même, là c'était un peu urgent.

Elle ouvrit les yeux et il se mit à loucher sur son visage en s'en rendant compte. Olalalalalalalalala !!!!! Et il expliquait ça comment ! La couleur qu'il gagna en un quart de seconde battait tous les records, tout comme le bond en arrière qu'il fit. Parce que non seulement il était déjà très timide comme ça, mais en plus il pensait à elle. Elle avait été attaquée et abusée par des hommes... Que pouvait-il lui apporter à cet instant, ainsi penché sur elle, l'encadrant de ses bras, à part une peur terrible ? D'ailleurs il mit ses tremblements sur le compte de son action et non de son cauchemar.
Mais bon, le jeune homme n'avait pas prévu d'avoir tant d'élan, ni que sa tête taperait aussi fort... ni qu'elle se redresserait aussitôt pour le rejoindre s'inquiétant pour lui.
Sous sa paume fraîche, il se sentit encore plus rougir et se demanda s'il pouvait mourir de honte. Non... pourquoi s'inquiétait-elle pour lui ? Pourquoi ?! Elle ne devait se soucier que d'elle... pourquoi ? Comment pouvait-il croire qu'elle détestait le monde entier, qu'elle ne pouvait voir celui-ci que comme un ennemi alors qu'elle était si... si... gentille, adorable et attentive avec lui ?
En fait s'il était aussi brûlant, c'est parce que sous l'effet de toutes ces émotions, du stress, de l'inquiétude, il avait commencé à se transformé... Enfin juste les prémices de la transformation... Autrement à cet instant, il se tiendrait à quelque chose en serrant les dents de douleurs.

Sauf qu'à sa propre surprise, sa transformation s'arrêta... d'elle-même. Ses yeux avaient viré au doré et il sentait que ses cheveux avaient gagné plusieurs centimètres, commençant déjà certainement à changer de couleur, mais elle avait posé une main contre sa peau, elle avait l'air inquiète, il surprit son regard et celui-ci le figea... avant qu'une bonne rasade d'eau fraîche l'arrache à sa contemplation muette et surprise. Euh... elle venait de lui vider de l'eau sur la tête.
Ronan la contempla avec surprise à travers sa frange trempée qui se plaquait sur son front, surprise oui... alors que son regard reprenait lentement sa couleur sombre d'origine, et que ses cheveux redevenaient normaux. Elle parlait très vite, elle disait quelque chose, comme quoi elle avait peur qu'il soit malade... elle s'inquiétait vraiment. Il était pas mal mouillé tout d'un coup... et il avait envie de rire, vraiment envie, mais au lieu de ça.

La voyant chercher ses mots, regarder ailleurs, ne pas chercher à s'indigner de ce qu'il avait fait, il se redressa à genoux et sans prévenir l'attrapa par les épaules et l'attira contre lui, resserrant presque aussitôt ses bras sur lui. Le tout dans un parfait silence, et en un temps extrêmement restreint. Se contentant de la serrer contre lui, une main dans son dos l'autre derrière sa tête, il respirait plus calmement déjà et mit quelques instants à à commencer à parler, d'une voix étouffée.

- Vous allez bien...je suis heureux... j'ai eu tellement peur.

Il ne releva pas ce qu'elle venait de dire par rapport à la berceuse, continuant de la serrer contre lui encore quelques secondes. C'est vrai, il avait vraiment eu peur, il avait cru... vraiment cru qu'il ne pourrait rien faire... qu'elle souffrait trop, qu'il n'était d'aucune aide. Mais ça avait fonctionné et à peine remise, elle se souciait déjà de lui, cette fille sortait vraiment du lot.
Il finit par la lâcher, tellement soulagé qu'il ne pensait même plus à rougir. Comme sa chemise était trempée il la retira (à nouveau) pour aller l'étendre un peu plus loin, revenant près d'elle en la fixant avec peut-être un peu trop d'insistance. Mais il était tellement heureux de voir qu'effectivement elle allait bien, qu'il le témoignait voilà tout. Il lui dit également de ne pas se soucier de lui et qu'elle avait intérêt à se rendormir. Néanmoins, pour montrer sa bonne foi et ne pas l'inquiéter outre mesure, comme elle était toujours à genoux par terre, il s'allongea par terre, la tête proche de ses jambes, lui souriant avant de fermer docilement les yeux.
Ben dis donc... après ce genre d'émotion il n'était pas près de s'endormir tout de suite !!!!

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